Lancée publiquement le 7 octobre 2008 pour se développer durant deux années, la campagne internationale "travail décent" associe en Belgique une large coalition d’acteurs sociaux chapeautée par les deux coupoles d’ONG fédérales (le Centre National de Coopération au Développement/CNCD et son homologue flamand 11.11.11) dont font notamment partie les syndicats et, naturellement, le Gresea.

Ce qui justifie cette action pour des salaires corrects partout, comme indique la FGTB est une situation bien connue de tous : "Les firmes transnationales se livrent à une course à la compétitivité dans laquelle les travailleurs sont devenus des ressources potentielles en vue de créer un maximum de profits à court terme." [Echo-FGTB, septembre 2008]. D’où action sur quatre axes : exigence d’un revenu qui permet de satisfaire les besoins essentiels, respect des libertés syndicales, défense des systèmes de protection sociale et promotion du dialogue social. Avec un accent particulier sur la régulation des acteurs privés, les fameuses firmes transnationales.

Ce n’est pas tombé du ciel. En instituant en 2002 la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation, l’Organisation internationale du travail (OIT) notait avec inquiétude que les "effets inégaux sur les gens de la mondialisation, qui en exclut beaucoup de ses bienfaits, suscitent un malaise persistant dans le public qui n’en voit pas correctement les potentialités positives." [ILO Forum on Decent Work for a fair globalization - Issues papers - Lisbon, 2007 – source également des citations suivantes]. Comment sortir de cette impasse et quel lien avec le travail décent ? Le voici : faisant rapport en 2004, ladite Commission insistera sur le fait qu’une "mondialisation équitable" est chose "possible, et même indispensable" – mais, pour cela, il faut que "la promotion d’un travail décent pour tous soit un dispositif central dans la création d’un processus d’intégration économique plus équitable." En effet, note-t-elle, "Le travail est un élément central dans la vie des gens. Pour les hommes et les femmes, partout, l’emploi est le révélateur de la réussite ou de l’échec de la mondialisation. Le travail est source de dignité, de stabilité, de paix et de crédibilité pour les gouvernements et le système économique."

Tel est l’enjeu, telle est la menace. Le message sera reçu cinq sur cinq par L’Assemblée générale des Nations unies, qui embraiera le pas lors de sa 60e session en septembre 2005 : "Nous apportons un soutien ferme à une mondialisation équitable et nous nous engageons à faire de l’objectif de plein emploi productif et de travail décent pour tous un élément central de notre agenda politique national et international." Toute chose obéit à des intérêts. Là, ils sont devenus plus visibles.

Site belge de la campagne : http://www.travaildecent.be
Son site international : http://www.decentwork.org/ [!sommaire]