Le numéro un mondial de la confiserie Cadbury Schweppes s’est lancé dans un commerce "équitable" de sa propre invention. Il a annoncé le 28 janvier 2008 un investissement de 87 millions d’euros étalé sur dix ans au Ghana dans le cadre d’un "partenariat" avec les producteurs de cacao avec, à la clé, la construction de quelque 850 puits (afin de libérer femmes et enfants de leurs tâches de porteurs d’eau), ainsi qu’un soutien financier aux écoles, aux enseignants et aux bibliothèques. Naturellement, c’est stratégique. Le Ghana produit 70% de la demande mondiale en cacao et un dixième de ses récoltes est acheté par Cadbury Schweppes, soit la totalité de ses besoins pour le chocolat vendu en Grande Bretagne. Ajouter que Cadbury vit des moments difficile, étant harcelé par l’investisseur activiste Nelson Peltz, et empêtré dans une opération de désengagement de son département des boissons gazeuses. Donc, l’opération de séduction tombe bien. Elle repose, cependant, sur une analyse intéressante. Au contraire du commerce classique, qui vise essentiellement à offrir un "prix juste" aux petits producteurs, la formule de Cadbury table, elle, sur une augmentation de la productivité dans la culture du cacao au Ghana, une idée qui n’a pas soulevé l’enthousiasme, on s’en doute, de l’organisation Fairtrade, une des références mondiales (et un des concurrents mondiaux) en matière de commerce équitable : ils vont surveiller cela de près, ont-ils fait savoir. Ainsi va le monde.

Source : The Economist du 2 février 2008.
[!sommaire]