Le géant de l’électronique néerlandais Philips se porte plutôt bien en Belgique. Bénéfice 2006 pour la Belgique et le Luxembourg, 270 millions (en progression de 132% comparé à 2005) pour un chiffre d’affaires de 1,6 milliard d’euros. Il occupe environ 4.400 travailleurs – environ car les données du site de Philips Belgique datent de 2005. Là, cependant, pour ces travailleurs, il y a un nuage à l’horizon. Car Philips est une multinationale, forte d’une capitalisation boursière de 32,5 milliards d’euros et, aux États-Unis, Jana Partners et DE Shaw, deux fonds spéculatifs (hedge funds), y ont investi quelque 520 millions d’euros pour acquérir 1,6% du capital. Assez, mettons, pour faire pression. Pas pour améliorer l’outil, naturellement, c’est la rémunération des actionnaires qui les intéresse. Ils souhaitent entre autres que Philips accélère et étende son programme de rachat de ses propres actions ("buy back"), ce qui revient donc à enrichir les "investisseurs". Pour se faire une idée des sommes en jeu, le programme "buy back" 2006 de Philips prévoyait un rachat pour 4 milliards d’euros, dont 1,6 milliards est resté en rade, et un nouveau programme est prévu en 2008. Contrôlé à hauteur de 20% par la banque Lehman Brothers,Jana Partners est réputé pour son action de déboulonnage de la direction de Deutsche Börse aux côtés des fonds spéculatifs Attica et TCI, et gère aujourd’hui 4 milliards d’euros d’actifs. DE Shaw, lui, en gère quelque 35 milliards. Et, donc, ils poussent, chez Philips, au désinvestissement – non sans résultat puisque, aussitôt connue, leur entrée en force dans l’actionnariat fera bondir l’action Philips de 4,2% à la Bourse d’Amsterdam.

Sources : Les Echos du 11 décembre 2007, le site des métallos FGTB http://www.6com.be et celui de Philips Belgique.
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