Le rapport était attendu, il est là. Le 31 octobre 2007, la Commission de la concurrence britannique, saisie d’une demande d’enquête sur les pratiques anticoncurrentielles des supermarchés, a très largement rendu un "non-lieu" à l’égard du principal accusé, Tesco, numéro 1 de la grande distribution en Grande-Bretagne. Elle contrôle en effet 31% du marché, soit presque autant que ses deux principaux rivaux, Sainsbury et Asda (à trois, donc, environ 60%). Ce rapport – reflétant un revirement de jurisprudence des autorités britanniques de la concurrence : pour les rétroactes, voir notre Belwatch du 17 février 2007 – vient de bétonner l’interprétation nouvelle des règles de concurrence exprimée par le président de la Commission, Peter Freeman, en commentant voici peu le rapport intermédiaire comme suit : tant que le consommateur sort gagnant de ces distorsions de concurrence, grâce à la baisse des prix, il n’y a pas lieu de sévir. Le titre de Tesco a applaudi la décision à sa manière, il a aussitôt bondi à un niveau record. Le trio dominant, quant à lui, sans surprise, s’est déclaré satisfait. On n’en dira pas autant des petits magasins de quartiers, que le rapport donne comme les plus grands perdants de l’évolution. Il n’a pas, cependant, estimé que les supermarchés puissent être accusés de les écraser "systématiquement". Maigre consolation. Il reste un peu de loterie dans le massacre.

Source : Financial Times, 1 novembre 2007.
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