Cadbury est une marque britannique bien connue. Tout le monde connaît ses biscuits au chocolat. Ce n’est pas, cependant, sa principale ligne de production. Cadbury fabrique d’abord et avant tout de l’argent. Comment expliquer autrement – sans rime ni raison – l’achat, puis la revente, de sa division européenne de boissons, qui comprenait en 2005 Schweppes, Oasis, Apollinaris, Gini et Orangina, cette dernière n’ayant cessé, en deux décennies, de changer de main, quittant ses créateurs, la famille Beton, pour passer au groupe Pernod Ricard (1984), puis au groupe Cadbury Schweppes (2001) et, enfin, ce dernier se débarrassant de sa division européenne en 2005, dans l’escarcelle des fonds spéculatifs Blackstone et Lion Capital. Bon vent ! Mais, donc, demeurait la division américaine des boissons. Cadbury avait tablé, là aussi, sur l’appétit des fonds spéculatifs. Las ! La crise de l’immobilier américain a rendu les banques plus prudentes. Pas question de financer des opérations risquées. Alors, Cadbury va se résoudre à poursuivre la fabrication de boissons ? Non, la raison d’être de Cadbury est de fabriquer de l’argent, les "investisseurs" sont là pour le lui rappeler, insistant sur la rentabilité moindre des boissons, comparée à celle de la chocolaterie. Donc, plan B. La division boissons ne sera pas vendue, elle sera larguée par scission. Rendue publique le 10 octobre 2007, la décision aura un effet immédiat. Le titre Cadbury Schweppes grimpe aussitôt de 2,6% à la Bourse. On n’arrête pas le progrès.

Sources : Financial Times du 11 octobre 2007 et archives Gresea.
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