C’est une carte saisissante que De Standaard publie sur l’évolution de la présence industrielle d’Alcatel en Belgique. En vingt ans, la multinationale a fait fondre ses effectifs de 15.000 travailleurs (1987) à 1.886 en 2007 (1.660 à Anvers, 66 à Grand-Bigard et 160 à Namur) – et ses usines de quatorze à... zéro, la dernière, à Geel, ayant été cette année vendue à TBP Electronics (Pays-Bas). C’est un nettoyage par le vide qui s’est effectué par fermeture pure et simple (Gand) ou par société interposée (le finlandais Scanfill reprendra Hoboken en 2003, pour ensuite fermer), par filialisation et autonomisation (Nexans qui en a repris sept, dont une entre-temps fermée : Opglabeek) ou encore par revente (Charleroi à Thales, Oudenaarde à AMIS, Geel à TBP Electronics). Si Alcatel est d’actualité, c’est naturellement en raison de sa fusion, en décembre, avec le géant américain Lucent, et de son futur programme de "synergies". Entendre : économies d’échelle, réduction des coûts et licenciements. Alcatel a déjà chiffré, et revu tout cela à la hausse en raison de son mauvais résultat au quatrième trimestre 2006 : il lui faut "gagner" 1,7 milliard d’euros, donc sabrer d’autant. Et chiffré, aussi, le nombre d’emplois sacrifiés : entre 12.000 et 13.000, soit plus de 15% des effectifs mondiaux. Où ? En France, l’inquiétude est vive et les travailleurs ont annoncé qu’ils partiront en grève le jeudi 15 février. L’offensive, dit-on, est toujours la meilleure des défenses.

Sources : Les Echos du 8 février 2007 et De Standaard et Financial Times du 10 février 2007.
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