L’histoire – la "success story" – de Creyf’s intérim, rebaptisé StartPeople en 2007, offre en miroir une image saisissante de la dégradation des conditions de travail et de la multiplication des emplois "atypiques", dont la société s’est fait une spécialité. A sa fondation, en 1963, Creyf’s n’était qu’un modeste bureau anversois employant 253 travailleurs intérimaires. Le business du travail précaire va croître et embellir. Dans les années 80, Creyf’s, possède 20 bureaux de placement en Belgique, cinq fois moins qu’en 2001. En 1990, Creyf’s est introduit en bourse. Commence alors la valse des changements de propriétaires. En 1991, Herman Creyf’s, le fondateur de la société, revend sa participation de 51,5% via le holding Ciparco. Un holding anversois Ackermans & van Haeren (AvH) acquiert 38% de Creyf’s dont le chiffre d’affaires, à l’époque, est de 125 millions d’euros. En 2002, le groupe change, discrètement, son nom en Solvus. En 2005, les Hollandais de USG reprennent le groupe AvH pour la somme de 240 millions d’euros. (43 % au-dessus du cours du titre). Joli coup, AvH réalise ainsi une plus-value de 130 millions d’euros, un record dans l’histoire du groupe. En 2005, USG, c’est un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros. En 2006, la société occupe la deuxième place du secteur en Belgique avec 15.200 intérimaires placés par jour. Belle progression. Pas pour les travailleurs.
Source : De Tijd, 13 janvier 2007[!sommaire]
