Les travailleurs de Forest ne sont pas devenus "surnuméraires" par leur propre faute. Cela apparaît avec netteté du remplacement, deux ans après son intronisation, du PDG Bernhard par Martin Winterkorn, une créature de l’actionnaire principal, Ferdinand Piëch et Porsche. Le nouveau PDG aura, certes, à poursuivre le travail de restructuration commencé par son prédécesseur (plus de synergies, moins de travailleurs) pour augmenter la productivité et les profits. Pour citer le PDG de Porsche, Wendelin Wiedeking, VW demeure "une mine d’or", à condition de procéder à de grands bouleversements : "Je sais comment faire de l’argent." Certes. Mais la pente reste raide. Les activités aux Etats-Unis restent dans le rouge. Les performances en Chine sont médiocres. Et, puis, il y a les bourdes, qui alourdissent l’ardoise, tel, retentissant, le flop du lancement, il y a deux ans, du modèle VW de luxe Phaeton, qu’il a carrément fallu retirer du marché US en 2005. C’est une intéressante équation. VW, une mine d’or dont la direction fait payer son incompétence par les travailleurs. C’est une manière de voir les choses. Une autre : une mine d’or, pour qui ?

Source : Wall Street Journal, 12 janvier 2007
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