Jusqu’il y a peu, souligne le bimensuel de la FGTB "Syndicats", Carrefour (ex-GB) pouvait être considérée comme la "Rolls" de la concertation sociale dans la grande distribution. Epoque révolue. Le rachat par la multinationale française Carrefour (réputation détestable en France) est passé par là. Courant 2006, les travailleurs ont dû attendre plus de six mois pour obtenir une concertation sur la charge de travail grandissante, la flexibilité accrue, l’évaluation du personnel et la précarité des contrats. Et, encore, la direction n’a accepté, au bout du compte, que le "principe" d’une telle rencontre. Dans le même temps, une cinquantaine de hauts cadres ont reçu des ponts d’or pour quitter l’entreprise sans devoir prester le moindre préavis, alors qu’une grande partie du personnel est restée sur sa faim dans ses revendications. Fin 2006, l’hypermarché de Haine-Saint-Pierre a connu une grève de 3 jours tandis qu’une déléguée syndicale se voyait menacée de licenciement pour motif grave à l’occasion de l’exercice de son mandat. Trois réunions de conciliation et le dépôt d’un préavis de grève national ont été nécessaires pour obtenir le retrait de la menace. Notons en passant que Carrefour (valeur boursière : 40 milliards d’euros) a clôturé son 4e trimestre 2006 sur des revenus en hausse de 5,4%, portant le chiffre d’affaires 2006 à quelque 87 milliards d’euros, un résultat néanmoins jugé décevant par les investisseurs et en deçà des objectifs. La politique de croissance par l’expansion reste une des voies privilégiées du groupe. Il compte, en 2007, ouvrir de 20 à 25 magasins en Chine, où il en possède déjà 97.
Source : Syndicats du 3 novembre 2006, Wall Street Journal du 12 janvier 2007, Financial Times du 13 janvier 2007 et Les Echos du 17 janvier 2007.
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