Cas d’école que la descente aux enfers, dumping aidant, de l’industrie textile zambienne. Autrefois, la Zambie disposait d’une industrie textile importante. Dans les années 90, une politique d’ouverture tous azimuts pour se mettre en conformité avec le FMI et la Banque mondiale, aura cependant des conséquences catastrophiques. En effet, depuis, le commerce de vêtements de seconde main (issus des "rebus" américains et européens) a pris une ampleur considérable et, le prix de vente de ces vêtements d’occasion étant inférieur au prix de vente des vêtements fabriqués en Zambie, il a entraîné la quasi disparition de l’industrie textile du pays. En 8 ans, 30.000 emplois sur 34.000 ont été perdus. La Zambie, comme d’autres États africains, a une histoire post-coloniale originale : indépendant en 64, le pays mène d’abord une politique "étatiste" : il nationalise certains secteurs comme les mines et instaure la gratuité pour les soins de santé et l’enseignement primaire. Lors de l’effondrement des cours du cuivre en 73, cependant, le Fonds Monétaire International (FMI) accepte d’accorder un prêt au gouvernement zambien dirigé par Kaunda. Le cours du cuivre ne se rétablira pas. Le pays contractera une dette très importante et, en 91, se verra obligé d’adopter les réformes libérales prônées par le FMI et la Banque mondiale. En 2000, plus de 300 entreprises nationales sont vendues à des investisseurs privés. Le résultat ? 325.000 emplois sur 800.000 disparaissent. Aujourd’hui, huit Zambiens sur dix survivent avec moins d’un dollar par jour.

Source : "Zambie : le dépotoir", par Jon Peter, paru dans le Washington Post en avril 2002 et traduit en français par le CADTM (texte intégral : http://users.skynet.be/cadtm/pages/francais/zambieledepotoirjonpeter.htm)
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