Andreas Hamann et Gudrun Giese ont enquêté sur les conditions de travail dans la chaîne de supermarchés Lidl (chiffre d’affaires de 36 milliards d’euros en 2004) en Allemagne et à l’étranger pendant plus de deux ans, pour le compte du syndicat allemand du secteur des services Ver.di (2,6 millions d’affiliés). Résultats dévastateurs. Dans le livre issu de cette enquête, publié en Allemagne en 2004 et disponible depuis décembre 2005 en version anglaise, il apparaît que, utilisée à l’égard d’un personnel à 85% féminin, "la peur est un instrument central des méthodes de management des ressources humaines " Le contrôle du personnel est systématique. Se rendre aux toilettes est un luxe chronométré pour la plupart des caissières, auxquelles on réclame une "productivité" de 40 scannages de produits par minute. En Pologne, des travailleuses ont même été obligées de porter des bandeaux reconnaissables pendant leur période de menstruation. Une politique de mépris envers les travailleuses va naturellement de pair avec une politique antisyndicale. La direction de Lidl fuit toute forme de concertation, à telle enseigne que, l’an passé, un supermarché à Cawl, près de Stuttgart, a été fermé parce que le personnel avait participé à une grève pour exiger des négociations sectorielles. (En Belgique, les problèmes se posent de manière moins aigue : Lidl relève de la commission paritaire de la distribution, où des conditions de travail et de rémunération convenables ont été obtenues, et dispose notamment d’un conseil d’entreprise.) La version anglaise du livre "The Black Book on the Schwarz Retail Company" peut être obtenue au prix de 8 euros (hors frais d’expédition) via le site de Ver.di http://lidl.verdi.de/schwarz-buch/schwarz-buch_uebersetzt/#top.

Sources : International Union Rights (volume 13, n°1, 2006), le site Ver.di http://lidl.verdi.de/ et un communiqué 2006 de la CNE.
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