Les joyeusetés de la privatisation de l’eau en Grande-Bretagne apportent régulièrement un nouveau lot de nouvelles encourageantes. Pour qui ? Allez savoir. Fin août 2006, l’organe régulateur britannique apprenait que les sociétés d’eau s’étaient, au cours des dix dernières années, appauvries de quelque 700 millions de livres, par la vente de terrains relevant auparavant du domaine public. C’est renflouer les caisses à bon marché. Dans cette course à la dilapidation des actifs, Thames Water (qui dessert 13 millions d’usagers) remporte le premier prix, avec des ventes de 100 millions – et sans doute pas de ce point de vue uniquement. Propriété de la société allemande RWE, empêtré dans des problèmes croissants de mauvaise gestion (fuites d’eau, service clientèle déplorable), Thames Water a annoncé le licenciement d’un quart du personnel (sur un total de 6.000) d’ici à 2010, et ce dans un souci d’efficacité, précise sans rire la direction. Cette mesure radicale serait plutôt à mettre en relation avec la décision de RWE de se débarrasser de Thames Water, et sans doute en la vendant à un fonds spéculatif (private equity) : rendre la mariée plus attrayante, en d’autres termes. Il y a encore un rapport avec la distribution d’eau ?

Source : The Observer du 20 août 2006 et The Independent du 30 août 2006.
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