Majorité contre opposition, l’Assemblée nationale française a donné son feu vert à la privatisation de Gaz de France dans le cadre du projet de fusion avec Suez (la question fait toujours débat au Sénat). Pourtant, dans le courant du mois de septembre, trois banques : Exane, City Group et ING ; ont rendu un rapport alarmant sur les suites possibles de la fusion, selon lequel, endéans les trois ans, 10% du personnel de GDF (20.000 personnes) pourrait être licencié. L’entreprise publique privatisée pourrait en outre perdre jusqu’à 21% de ses parts de marché dans le secteur gazier en raison des conditions qu’imposera la Commission européenne en vertu des règles de concurrence. La participation de l’Etat français dans le capital de GDF passerait de 70% actuellement à moins de 30%. Outre les coûts sociaux de la fusion, selon les syndicats, la France met également en péril sa souveraineté énergétique – ce qui risque de se répercuter sur la facture du consommateur. Au fil de promesses non tenues, la majorité politique française est de plus en plus mal à l’aise face à une fusion dont elle défend difficilement la nécessité : sauver Suez d’une OPA de l’italien Enel, refinancer Gaz de France... Et si le seul intérêt de cette fusion se trouvait du côté de l’actionnariat privé ? Gérard Mestrallet, PDG de Suez, ne s’en cache pas : "Il faut que le dispositif reste incitatif à l’investissement (…) et ne pénalise pas les actionnaires ". Quant à Albert Frère, actionnaire principal de Suez, il s’en frotte les mains : son holding recevrait quelque 500 millions d’euros de plus en cas de fusion. Les syndicats, eux, sont furieux. Ils lancent un appel à la grève et à une manifestation, le 3 octobre, jour du vote du texte global.

Sources : De Tijd du 23 septembre 2006. Le Figaro du 4 septembre 2006. Le Canard enchaîné du 13 septembre 2006 et le site des métallos liégeois www.6com.be.
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