Le producteur industriel de poulets Charles Doux, écrivions-nous en 2006, se classait numéro un européen et n°5 mondial (http://www.gresea.be/spip.php?article472 ). L’imparfait est de rigueur. Figurer parmi les grands (marchands) de ce monde n’est pas une garantie de survie. Fin juillet 2011, annonçait la presse, Doux "croule sous 400 millions d’euros de dette" et rend son tablier. Les actionnaires familiaux (80% du capital) de l’entreprise, fondée en 1955, laissent aux soins de la banque Lazard la confidentielle vente aux enchères. Avec 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires et plus de 100 millions de marge, il y a de quoi intéresser les amateurs, même compte tenu de la dette : les fonds spéculatifs, qui auraient déjà montré un certain intérêt, savent y faire. Pour la famille – et pour les travailleurs –, les problèmes ne datent pas d’hier. 700 emplois, sur 3.400, ont été supprimés depuis 2008 et, en juillet 2011, le site de Champagné-Saint-Hilaire (39 emplois) a été fermé. Même l’implantation (délocalisation) au Brésil a fait boomerang : les aides européennes à l’export, environ 60 millions d’euros par an pour le groupe, ont beaucoup baissé ces dernières années, informe le faire-part de décès dans la presse. Doux, pour mémoire, était une figure centrale dans l’analyse réalisée en 2004 par le Gresea du dumping de poulets congelés en Afrique (Denis Horman, "Chicken Connection", éditions Gresea, 135 pages, 10 euros), toujours disponible.

Source : Journal du Dimanche, 24 juillet 2011.
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