Appuyée par 87% des votants, la décision du puissant syndicat des mécaniciens de Boeing de débrayer aux États-Unis (usines des États d’Oregon, de Washington et du Kansas) pour des meilleurs salaires est devenue effective le samedi 6 septembre 2008. C’est un rejet de la contre-proposition de la direction, qui offrait 11% d’augmentation sur 3 ans. Et le signal d’un conflit qui, à juger des actions collectives passées (28 jours de grève en 2005, 69 en 1995), pourrait faire à nouveau date dans l’histoire du syndicat, l’International Association of Machinists, qui compte 27.000 membres. Les profits de Boeing (13 milliards de dollars nets ces cinq dernières années) expliquent d’évidence l’offensive syndicale en vue d’un partage plus équitable de la plus-value produite mais, plus encore, la conjoncture du moment. C’est que le carnet de commandes s’étale confortablement sur cinq ans et dépend d’une série de projets importants (dont celui du long-courrier Dreamliner, déjà en retard de près de deux ans) dont la non réalisation risque d’entraîner des demandes de dédommagements des clients. Pour l’action collective, c’est un boulevard. La grève, estime la direction, fera perdre environ 100 millions de dollars par jour. Cela n’a donc pas été de nature à faire fléchir les ouvriers mécaniciens. Remontés contre la direction et sa pratique de faire appel à des mécaniciens sous-traitants, ils réclament 13%.

Sources : Financial Times des 5 et 8 septembre 2008, le Wall Street Journal du 2 septembre 2008 et les Les Echos du 8 septembre 2008

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