Une fable des Temps modernes. Tricotage des Vosges est une petite PME (250 travailleurs) qui fabrique des chaussettes et des collants. Fondée par Jacques Marie, l’ancien président de Dim, c’est une petite entreprise sans problème. Chiffre d’affaires fin juin 2008 de quelque 22 millions d’euros, avec un résultat net de 1,5 million d’euros. Une affaire bénéficiaire et, qui plus est, non endettée. Par les temps qui courent, une situation enviable. Cela ne pouvait pas durer. C’est qu’elle dépend, pour les deux tiers de son chiffre d’affaires, des ventes sous licence des produits Dim et cette société, rachetée par le fonds spéculatif Sun Capital Partners (USA), réclame un doublement des royalties. (Né en 1963 sous le nom Bas Dimanche, Dim a été chemin faisant absorbé par le groupe américain Sara Lee qui l’a revendu en 2005, avec toutes ses activités européennes, dont la marque Lee Cooper, à Sun Capital Partners, pour quelque 300 millions d’euros.) Céder aux appétits de Sun Capital entraînerait des licenciements massifs, ce à quoi la PME ne veut se résigner. Elle a donc choisi de voler de ses propres ailes en déployant ses propres produits, les collants et chaussettes en fibres naturelles BleuForêt, qu’elle espère commercialiser directement dans la grande distribution. Fameux pari, puisqu’il suppose d’en multiplier par trois le volume de ventes afin de compenser la perte des produits Dim. Jacques Marie se dit confiant : "Il faut que cela réussisse, car je ne veux pas faire de plan social et perdre un savoir-faire qui n’existe plus en France." Tel est l’enjeu…

Source : Les Echos du 2 décembre 2008 et le Figaro des 1 janvier 2005 et 12 février 2007.
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