Fin novembre, coup de tonnerre dans le ciel des investissements directs à l’étranger. L’Inde annonce qu’elle va ouvrir la grande distribution aux géants étrangers, Carrefour, Ikea, etc. La nouvelle fera long feu...

L’anecdote est savoureuse. A peine le Premier ministre indien Manmohan Singh avait-il annoncé la bonne nouvelle que le PDG d’Ikea Mikael Ohlsson embarquait dans un avion pour Dehli. Dans sa mallette, une liste d’invités de marque et le texte d’une conférence de presse destinée à informer le monde entier des projets d’expansion que le conglomérat suédois allait développer à coups de millions d’euros en Inde. Las ! Il a fallu tout décommander. L’annonce faite par Singh, qui devait faire la une de la presse financière le 25 novembre 2011, retombera comme un soufflé au bout d’une grosse semaine. Son projet d’ouvrir le marché de la grande distribution à l’investissement étranger se heurtera à une levée de boucliers, mue principalement par la crainte de voir disparaître le petit commerce artisanal. Présenté comme une des réformes les plus radicales de libéralisation de l’économie indienne, il avait de quoi faire saliver des opérateurs tels que Carrefour, Walmart, Tesco et Ikea : le marché a été estimé à 450 milliards de dollars. On comprend l’empressement d’Ohlsson. Mais, donc, le 8 décembre 2011, la presse financière réservera sa une à la volte-face. Le projet, affirmera le gouvernement, est "suspendu dans l’attente d’un consensus et de consultations avec les diverses parties prenantes". La Chambre de Commerce, elle, jugera la décision "profondément décevante" tandis que, de son côté, le géant britannique de la grande distribution Tesco, parlera d’une "opportunité manquée". Tout n’est pas à vendre. L’économie "supermarché" (25% du commerce de détail en Chine, 36% en Russie et au Brésil) ne se déploiera aussitôt en Inde (5% seulement).

Sources : Financial Times des 25 et 29 décembre 2011 et 7 et 8 décembre 2011.[!sommaire]