Avec le deal de rachat (2,5 milliards de dollars) de la division Nutrition Médicale de Novartis intervenu à la mi-décembre 2006, Nestlé deviendra le numéro deux, derrière Abbott, de ce secteur décrit comme "très lucratif et riche en potentiel de croissance" : ventes annuelles en augmentation de 8%, contre 1 à 2% pour l’alimentation générale et l’acquisition de la division Novartis (2.000 salariés dans 40 pays et un chiffre d’affaires annuel de 950 millions de dollars) devrait ainsi renforcer d’environ 20% les ventes de Nestlé dans cette gamme de produits destinés aux hôpitaux. Nestlé n’est pas à son coup d’essai. La multinationale suisse a acheté, en 2006, Jenny Craig (aliments de régime) et Uncle Toby’s (barres de céréales) et un rachat de la division Gerber/Aliments pour Bébés (79% du marché américain) de Novartis n’est pas à exclure. Tout cela peut paraître un peu brouillon et contradictoire. Nestlé achète dans un marché lucratif (hôpitaux : marché captif et subsidié) et ses actions grimpent de 2% à la Bourse. Novartis se défait d’un marché lucratif (le même) et ses actions... grimpent aussi de 1,5%. Car, disent les analystes, Novartis a maintenant plein de cash et dispose donc, ouvrons les guillemets, "d’une flexibilité stratégique additionnelle". Qu’elle utilisera pour d’autres rachats d’entreprises. Sans rien produire de plus ou en mieux, chez Nestlé ou Novartis, naturellement, ce ne sont que des transferts de titres de propriété.. Economie-casino, comme d’aucuns disent.

Sources : International Herald Tribune du 15/12/2006[/rouge]

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