Mondiale du foot aidant, l’International Herald Tribune a publié un reportage fort éclairant sur l’économie du petit ballon rond dans l’usine de sous-traitance thaïlandaise de Chonburi, situé à deux heures de Bangkok. On y apprend, d’abord, que le célèbre ballon "+Teamgeist" qu’Adidas y sous-traite via à la société japonaise Molten n’est qu’un assemblage qui s’appuie sur un gigantesque carrousel : le cuir synthétique externe du ballon vient de la Corée du Sud, la fine couche de mousse tapissant l’intérieur vient du Japon, la chambre à air en caoutchouc est importée d’Inde, la "carcasse" de coton qui enveloppe la chambre à air est vietnamienne tandis que, enfin, les substances chimiques nécessaires à la finition de la peau du ballon ont été acheminées d’Allemagne. A l’usine de Chonburi, donc, on assemble. C’est la deuxième leçon. Chonburi, ce sont 250 travailleuses (95 femmes pour 5 hommes) qui produisent 1.800 ballons par jour pour un salaire journalier de 10 dollars (200 dollars par mois). Le ballon étant vendu dans le commerce à 150 dollars dans nos contrées, il suffit de sortir sa calculette pour se faire une idée approximative du superprofit réalisé. 1.800 ballons par jour, cela fait, à 150 dollars pièce, un chiffre d’affaires de 270.000 dollars. Continuons. 1.800 ballons produits par 250 travailleuses, cela fait 7,2 ballons par travailleuse, soit un chiffre d’affaires par travailleuse de 1.080 dollars, alors que celle-ci ne gagne – remember – que 10 dollars, soit 0,93% du prix de vente... C’est, il faut l’avouer, une assez jolie plus-value.

Source : International Herald Tribune, 3 juillet 2006.
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