Comme suite à la privatisation de son industrie aurifère, le Mali a confié l’exploitation de sa mine de Morila à deux sociétés sud-africaines : Anglogold Ashanti et Randgold Resources. Classique : elles obtiennent une exonération fiscale pour les trois premières années d’activités qui... épuisera les deux tiers des réserves en quatre ans. L’entreprise qui gère la main-d’œuvre pour ces deux sociétés est une filiale de Bouygues : la Somadex (Société Malienne d’Exploitation). Là, les plaintes se multiplient : non paiement des heures supplémentaires et des congés, harcèlement des responsables syndicaux, accidents de travail fréquents, etc. Par ailleurs, la Somadex refuse de payer aux travailleurs les primes prévues en cas de surproduction. Un mouvement de grève s’en est suivi. Il sera réprimé par la société qui répliquera en procédant à des licenciements massifs. Après l’incendie de deux camions appartenant à la Somadex, la police locale – subventionnée par les multinationales dans le cadre d’un contrat "développement local" (sic) – arrête 32 grévistes, dont les principaux leaders syndicaux. Ils n’ont toujours pas été libérés. Ils ont été remplacés et l’activité a depuis repris dans la mine. Business as usual.

Source : Bakchich.info du 17 août 2006 et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), communiqué du 18 avril 2008

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