Cette étude comprend une analyse des stratégies utilisées par les collectifs de travailleurs et par les syndicats (actions collectives et/ou actions juridiques) au niveau local, national, européen et international. Elle montre que, face au détricotage du droit du travail imposé par les plateformes hors la loi (Uber, Deliveroo,…), et devant l’urgence de la bataille sur les statuts d’emploi, les travailleurs des applis et leurs représentants construisent de nouvelles formes de contestation pour la défense des droits sociaux et pour la création de nouveaux droits numérique.

Anne Dufresne et Cédric Leterme
Travailleurs de plateforme. La lutte pour les droits dans l’économie numérique
175 pages | Avril 2021

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Comment Uber a écrit La loi en Californie ?
En novembre dernier, les géants du numérique ont dépensé 200 millions dans le lobbying anti-salariat (contre les 20 millions du syndicat des transports américain) pour maintenir les chauffeurs Uber comme faux indépendants, travailleurs sans droit. L’entreprise voyou a ainsi légalisé son modèle économique qui inclut une exploitation extrême des travailleurs. Et ceci, alors même qu’Uber a pour ambition de devenir la seule et unique entreprise de transport au monde.
Dans la perspective d’une loi européenne qui devrait voir le jour début 2022, luttons pour que les chauffeurs Uber et tous les travailleurs de plateforme en Europe conquièrent le droit d’avoir des droits !
Pas de loi Uber en Europe !

Ubérisation
Uber est une multinationale hors-la loi qui s’est implantée dans 700 villes dans le monde depuis 10 ans. Elle n’emploie que 20 000 salariés mais elle exploite 4 millions de travailleurs qu’elle appelle ses « collaborateurs » qui sont sans contrat de travail, sans droits, exerçant comme indépendants. Un chauffeur Uber doit travailler 14h/jour pour gagner à peine le salaire minimum. Il doit acheter sa voiture et ne recoit en échange qu’une application qui le contrôle et capte ses données professionnelles et personnelles.

Déconnexion
Déconnexion fait partie du vocabulaire des travailleurs de plateformes, coursiers ou chauffeurs, soumis aux algorithmes. Ce vocabulaire a perdu les accents du salariat.
On ne parle plus de grève sur un lieu de travail avec le piquet pour bloquer l’entrée devant l’usine, mais bien de déconnexion de l’application.
Quels sont les différents modes possibles de grèves-déconnexions ? Arrêter de travailler juste en se déconnectant ? Accepter des commandes et ne jamais aller les chercher ? Aller chercher les commandes et les manger entre coursiers ? Dans tous les cas, il s’agit bien d’allonger le temps d’attente de la commande ou d’empêcher les commandes des clients pour faire pression.
Faire pression sur l’employeur caché derrière l’algorithme, sur les géants de la Food Tech : Deliveroo, Uber Eats, ou Rappi en Amérique latine. Tous se cachent, refusent d’être des employeurs sur lesquels la grève peut faire pression.
Pourtant, la résistance internationale face à ces casseurs du social est en marche. Des réseaux de travailleurs mobilisés s’organisent et prévoient des plans d’actions et de grèves internationales.
Vive la grève ! Vive la déconnexion !

  • Cette étude fera également l’objet d’une rencontre le 1er juin au Point Culture à Bruxelles et en direct sur les réseaux sociaux.