La cession par Solvay de sa branche pharmaceutique a été diversement appréciée. Mise en vente en avril 2009, c’est l’américain Abbott Laboratories qui a emporté la mise, devant le belge UCB et le suisse Nycomed, pour un montant de 4,5 milliards d’euros – soit huit fois le profit opérationnel de la division (617 millions d’euros en 2008), lequel représente (représentait) plus de la moitié du profit opérationnel de Solvay, et quelque 30% de son chiffre d’affaires. C’est, pour l’exprimer avec modération, se défaire d’un revenu important et le journal financier Les Echos ironise en rappelant qu’une "opération chirurgicale réussie se solde rarement par l’ablation d’organes sains"... Le secteur pharmaceutique va certes au devant d’années difficiles en raison de l’expiration de brevets "vaches à lait", augurant une vague de consolidation et de concentration dont cette fusion-acquisition n’est qu’un épiphénomène, il n’en reste pas moins que, pour Solvay, désormais amené à s’imposer dans les deux secteurs qui lui restent (chimie et plastiques), il risque fort de "faire davantage figure de proie que de prédateur", selon l’expression des Echos. Avec moins de 7 milliards d’euros d’activité, il fait par exemple neuf fois moins que le géant allemand BASF. Dans ce deal, Solvay s’est fait conseiller par Morgan Stanley, Rothschild et Citigroup. Le titre d’Abbott a fait un petit bond de 3,3% à la Bourse à l’annonce de la bonne nouvelle.

Source : Financial Times des 28 et 29 septembre 2009 et Les Echos du 29 novembre 2009.
[!sommaire]