Depuis 2012, plusieurs chercheur.es du Gresea participent, chaque année, à la rédaction du rapport du GRACOS (www.gracos.be) sur les grèves et la conflictualité sociale publié par le CRISP.

En 2020, les membres du Gracos se sont penchés sur les grèves et la conflictualité sociale ayant pris cours en 2019.

I. Concertation interprofessionnelle et fonctions collectives de l’État sous tension

Ce premier volume s’ouvre avec l’analyse de la conflictualité sociale interprofessionnelle. Celle-ci a essentiellement été liée aux négociations entre organisations patronales et syndicales qui ont visé à conclure un accord interprofessionnel (AIP) couvrant l’ensemble des travailleurs du secteur privé pour 2019 et 2020. Elle a notamment été marquée par la grève nationale en front commun syndical du 13 février. En définitive, le Groupe des dix s’est accordé sur une hausse salariale de + 1,1 % mais les instances de la FGTB ont refusé de ratifier le projet d’accord. Les interlocuteurs sociaux ont poursuivi leurs discussions sur plusieurs dossiers, dont le relèvement du salaire minimum.

Ensuite, l’analyse se penche sur les mouvements sociaux ayant touché trois branches des services publics : la justice, les prisons et la santé. La perspective des élections du 26 mai 2019 a conduit à une mobilisation particulièrement intense dans le monde judicaire. La problématique du service garanti en cas de grève a provoqué un vif mécontentement dans le milieu pénitentiaire. Natalia Hirtz a quant à elle participé à la rédaction de ce volume avec un article intitulé "Conflits dans le secteur de la santé et naissance du mouvement La santé en lutte " sur la conflictualité dans le secteur de la santé et la naissance du mouvement La Santé en lutte qui fera parler de lui en organisant une manifestation à Bruxelles le 13 septembre 2020 :

Les mobilisations de 2019 s’inscrivent dans une longue histoire de réformes de la santé en Belgique qui ont conduit à une diminution drastique des moyens, ainsi qu’à une dégradation de la qualité des soins et des conditions de travail. Sur la période récente, entre 2014 et début 2019, une économie de 2,1 milliards d’euros a été budgétée dans les soins de santé. C’est avec cette perspective de long terme que nous observons, au cours de l’année 2019, des conflits dans le secteur de la santé d’une ampleur rare, tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif.

Sommaire volume I

1. La norme salariale au cœur de conflictualité sociale interprofessionnelle en 2019
2. Justice et prisons : entre élections fédérales et instauration d’une service minimum en cas de grève des agents pénitentiaires
3. Conflits dans le secteur de la santé et naissance du mouvement La Santé en lutte.

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II. Luttes sociales : entre salariat et précariat

Ce second volume traite de trois types de conflits. Tout d’abord, ceux qui sont survenus dans des entreprises spécifiques suite à l’annonce d’importantes restructurations : l’entreprise sidérurgique NLMK située à Clabecq ; les Éditions de l’Avenir, détenues par la structure publique Nethys, filiale de l’intercommunale Enodia (ex-Publifin) ainsi qu’au sein de la compagnie aérienne low cost Ryanair, pour laquelle Bruno Bauraind et Jean Vandewattyne examinent le retour des grèves dans leur article "Ryanair, le retour des grèves en Europe". Après une année 2018 marquée par quatre mouvements de grèves importants, la compagnie aérienne irlandaise renoue avec la conflictualité sociale au Portugal, en Espagne et en Grande-Bretagne lors du second semestre 2019 :

En 2018, la compagnie aérienne irlandaise Ryanair a connu une année remarquable sur le plan de la conflictualité sociale. Sous le slogan « Ryanair must change », le personnel volant a exprimé frontalement son refus de continuer à travailler dans les conditions imposées par la direction. Le mouvement a alors notamment pris la forme de deux grèves transnationales : la première les 25-26 juillet et la seconde le 28 septembre 2018.
 
Le présent chapitre poursuit l’étude de la conflictualité sociale au sein de la société Ryanair , en retraçant cette fois les événements survenus au cours de l’année 2019. Tout d’abord, il indique quelles ont été les suites immédiates des tensions sociales qui avaient secoué la compagnie en 2018. Ensuite, il analyse les effets qu’ont eus les retards de livraison des exemplaires commandés du Boeing 737 Max sur la conflictualité sociale au sein de l’entreprise. Enfin, il s’intéresse aux tensions sociales qui sont réapparues au sein de celle-ci au cours du second semestre de l’année 2019. Ryanair n’a connu aucune grève en Belgique, mais il n’en a pas été de même dans d’autres pays. Si 2019 a été pour la compagnie irlandaise une année beaucoup plus calme sur le plan social, elle n’en a pas été pour autant exempte de toute confrontation.

Ensuite ce deuxième volume se poursuit en analysant les conflits qui mettent particulièrement en avant la condition précaire des travailleurs de deux secteurs : celui des titres-services et celui des coursiers. Pour ce dernier, l’article "Les coursiers en Belgique : d’une grève locale au rassemblement international en passant par la première assemblée nationale", signé par Erik Demeester et Anne Dufresne, revient sur les luttes sociales menées dans le secteur des plateformes de livraison et sur la première assemblée générale du Collectif des coursiers belges :

Le récit des luttes dans le secteur des coursiers en Belgique est dense pour l’année 2019, car elles s’organisent sur trois niveaux d’action. En juin, une grève dans la ville de Gand pousse des revendications salariales très concrètes et obtient ponctuellement gain de cause à l’échelle locale. En novembre, l’AG du collectif des coursiers se met en place pour la première fois au plan national et élabore un cahier de revendications de long terme, interrogeant particulièrement le statut défiscalisé de l’économie collaborative, dit peer to peer (p2p), imposé aux coursiers. En décembre, une rencontre internationale relativise le cas belge et interroge les priorités de la Fédération transnationale des coursiers : porter des revendications concrètes et mobilisatrices et/ou faire du lobbying pour obtenir de bons statuts d’emploi pour les travailleurs ? Les deux ne vont-ils pas de pair ? À quelles échelles ? Et porter par quels acteurs ?

Enfin, une action sociale dont la base a été les discriminations liées au genre : la « grève des femmes / grève féministe » du 8 mars 2019, dans lequel Natalia Hirtz, en collaboration avec Charlotte Casier et Mathilde Retout, analyse le processus de structuration du mouvement soutenant la grève des femmes du 8 mars et les actions menées en Belgique autour de cette date :

Enthousiasmé par l’ampleur prise par la grève internationale des femmes le 8 mars 2018 en Espagne et dans plusieurs pays d’Amérique latine, un petit groupe de militantes bruxelloises décide de lancer cette initiative en Belgique. En juin 2018, elles organisent des réunions pour préparer la grève de 2019. Le groupe est baptisé Collecti.e.f 8 maars. Il vise à organiser des assemblées générales (AG) les plus larges possible afin d’inclure un maximum de femmes dans le processus d’une grève du travail rémunéré, du travail ménager, de la consommation et des études. Entre octobre 2018 et mars 2019, des AG réunissent chaque mois entre cinquante et cent cinquante femmes

À travers ces différents cas, c’est plus globalement l’évolution des relations collectives de travail et de la concertation sociale qui est questionnée

L’étude se clôt par une annexe statistique fournissant un aperçu quantitatif du phénomène des grèves en Belgique en 2019.

Sommaire volume II

4. Sidérurgie à Clabecq (NLMK) : un feu sans oxygène
5. L’Avenir, un journal sans perspective de lendemain
6. Ryanair : le retour des grèves en Europe
7. Les coursiers en Belgique : d’une grève locale au rassemblement international en passant par la première assemblée nationale
8. Mobilisation inédite dans le secteur des titres-services
9. La "grève des femmes / grève féministe" du 8 mars 2019
Conclusion
Annexe : les jours de grève en 2019

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