Entre 1980 et aujourd’hui, la part salariale belge a perdu 6,4% (entre 15 et 17 milliards d’euros) au profit de la part des revenus du capital (immobilier, intérêts ou dividendes). Plus que d’une perte, il faudrait parler d’un transfert car cette perte salariale équivaut à un gain au niveau des revenus du capital. La part salariale n’exprime pas nécessairement la situation des salariés dans leur ensemble. Une augmentation de la part salariale peut en effet s’accompagner d’un creusement des inégalités entre les salariés, ce qui est le cas depuis plusieurs années. Seuls les hauts salaires verront alors leur situation s’améliorer. Par contre, la part salariale est un bon indicateur du pouvoir économique (et politique). Il est donc ici question d’un projet de société et de la capacité qu’ont les salariés de le transformer.[!sommaire]