Dans le reportage que Hassane Zerrouki a fait, dans L’Humanité (10 juillet 2012), des festivités organisées en Algérie à l’occasion du cinquantième anniversaire de son indépendance (juillet 1962), c’est surtout la fragilité économique du pays qui s’offre aux regards de l’observateur, avec un chômage – officiel – de 11%, dépassant 40% chez les jeunes. Et c’est donc avec inquiétude que le gouvernement regarde l’avenir et... les cours du pétrole. Une phrase du reportage condense l’ampleur du problème : "L’industrie pétrolière et gazière (près de 50% du PIB) représente 94,4% des recettes de l’État, alors que le secteur industriel et manufacturier ne représente que 5% du PIB et ce, du fait d’une politique de désindustrialisation, qui s’est accélérée après le plan d’ajustement structurel 1994-1997 imposé alors par le FMI (1.010 entreprises publiques fermées et près de 500.000 salariés licenciés)." L’automne des indépendances, pourrait-on dire. Les États du Sud qui ont cru pouvoir prendre leur destin dans leurs propres mains ont été amenés à demeurer ou redevenir des pourvoyeurs de matières premières sur des marchés à l’exportation qui dictent la marche à suivre pour, sans cesse, s’ingérer dans les affaires intérieures des pays décolonisés. Cinquante ans après, tout reste à refaire, semble-t-il. L’indépendance reste à conquérir. Par un "printemps" populaire ? En déposant les tyrans & autres autocrates ? Sans doute, mais alors en commençant peut-être par ceux qui, comme le FMI, ont pignon sur rue dans la zone de l’Atlantique nord.[!sommaire]
