Les "marques" ne doivent pas tromper. Dim, Playtex, Wonderbra, Fila ont été un temps, shopping d’entreprises aidant, les "griffes" et faire-valoir du groupe américain Sara Lee. Puis, en 2005, du fonds spéculatif Sun Capital Partners, qui a tout racheté pour quelque 300 millions d’euros. Pour faire quoi ? Réponse dans les chiffres. Depuis cette reprise, le chiffre d’affaires de ces entreprises de lingerie a fondu, reculant de 950 à 700 millions d’euros – mais leur rentabilité a été multipliée par six, et ce grâce à une profonde restructuration et une série de plans de départs : en 2010, ainsi, les travailleurs ont assisté à la fermeture en France d’une des trois usines d’Autun avec délocalisation partielle de la production, vers la Roumanie notamment. Le moment est donc bon. Pour revendre, but ultime de ce petit jeu. On achète une entreprise, on dégraisse, on obtient automatiquement un profil de rentabilité meilleur et, hop, on revend. Sun Capital a mandaté la banque Morgan Stanley pour réaliser la cession. Objectif : en tirer 600 millions, soit dix fois le résultat brut d’exploitation – et deux fois la mise initiale. C’est d’un meilleur rapport qu’un compte d’épargne.

Source : Les Échos, 20 juin 2012 et archives Gresea.[!sommaire]