Parce que c’est la journée de la femme et que c’est l’occasion d’en parler. Les femmes continuent d’être largement discriminées, et ce malgré les nombreuses avancées juridiques en matière d’égalité hommes-femmes.
Le sexe qui dirige le monde est encore et toujours masculin.
Quelques chiffres, parce que les chiffres, c’est comme les images, ça parle souvent plus que les mots (source : http://www.adequations.org/spip.php?article363).

Si les femmes effectuent dans le monde les deux tiers du nombre d’heures de travail et produisent plus de la moitié des aliments, elles ne gagnent par contre que 10 % du revenu total, possèdent moins de 2 % des terres et reçoivent moins de 5 % des prêts bancaires. Dans le Tiers-monde, elles constituent 70 % des 1,2 milliard de personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour.
Au niveau politique, on compte en 2011 sur les 192 chefs d’État et de gouvernement dans le monde, seulement 10 présidentes et 9 premières ministres. Autrement dit, plus de 90% sont des hommes.
Les hommes assurent également quasi exclusivement la prise de décision au niveau économique et financier. Là aussi, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au niveau européen, les 27 gouverneurs des banques centrales des États membres sont tous des hommes. Les organes décisionnels clés au sein de ces organisations comprennent 83% d’hommes contre 17% de femmes. Il en va de même pour le milieu des affaires à proprement parler. En Europe, un homme sur huit occupe un poste de haute direction, pour une femme sur 40.
Le poste de président des 614 sociétés les plus importantes cotées en bourse est occupé à 97 % par des hommes.

En ce qui concerne l’éducation, notons qu’environ 776 millions d’adultes ne sont pas alphabétisés. Les deux tiers sont des femmes. Au niveau de l’enseignement supérieur, par contre, l’on observe au niveau mondial une présence particulièrement élevée de femmes (même plus élevée que d’hommes). Très bien, mais à quoi bon si dès que l’on monte dans la hiérarchie des milieux universitaires et de la recherche, les femmes sont nettement moins nombreuses que les hommes. Notons à titre d’illustration que, dans l’Union européenne, seul un professeur d’université sur dix est une femme.

Le monde de l’emploi n’est pas en reste. Les salaires les plus bas sont les salaires féminins. La Belgique a l’écart salarial entre les femmes et les hommes le plus faible d’Europe, mais il atteint tout de même presque 10% en moyenne. En Europe, il est à près de 18%. Par ailleurs, les femmes sont particulièrement victimes de temps partiels imposés. En 2007, 75% des postes à temps partiel revenaient aux femmes, en 2010 ils atteignent 83%. En France, le service public de l’emploi va jusqu’à s’associer à une fondation privée (Ereel) pour organiser des workshops de "relooking" (coiffure, maquillage, vêtements,…) pour des femmes au chômage depuis au moins deux ans (L’Humanité du 8 mars 2011). Message assumé : pour trouver du boulot, une femme doit avant tout être belle et savoir séduire. C’est son rôle après tout. Etre intelligente et compétente, ça passe après.

Voilà où nous en sommes.
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