Notre collègue, Natalia Hirtz, et Magali, membre du collectif Travail social en lutte, étaient interviewées par Mélanie Huchet pour la revue Alter Échos.

Dans le livre « Te plains pas, c’est pas à l’usine » (Niet ! éditions, 2020), Lily Zalzett et Stella Fihn témoignent des conditions de travail effarantes des employés du milieu associatif français. « Alter Échos » a pris le pouls du côté belge avec Natalia Hirtz, chercheuse-formatrice au GRESEA (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative), et Magali, travailleuse associative et membre du collectif « Travail social en lutte ».

Par Mélanie Huchet

Alter Échos : Les autrices du livre dévoilent un tabou : la souffrance silencieuse des employés associatifs surchargés de tâches administratives et qui ne sont plus en adéquation avec leurs valeurs. Pourquoi n’a-t-on pas, dans ce milieu, le droit de se plaindre ?

Magali : Parce que l’on travaille pour la bonne cause : on lutte contre les injustices ou on aide des gens. On est du côté du bien et c’est gratifiant socialement. On se dit qu’on a de la chance d’être payé pour faire ce qu’on fait et que donc, il n’y a pas de raison de se plaindre.

 : Parmi « les modalités d’exploitation » qui s’opèrent sur les travailleurs, les autrices dénoncent une « injonction à ne pas compter ses heures ». Est-ce que cela résonne aussi en vous ?

Magali : Oui, j’ai travaillé sous contrat à temps partiel CDD dans une association d’éducation permanente. Les responsables étaient des personnes très engagées et militantes et c’était chouette parce qu’ils faisaient un bon boulot. Mais ils attendaient de leurs employés un même engagement et de la disponibilité. Cela demandait de ne pas compter ses heures et de participer parfois à des événements le soir, après le boulot. Au début, j’y suis allée régulièrement, mais ensuite j’ai arrêté, car je commençais à me dire que je n’étais pas tenue à me dévouer autant pour un contrat précaire. Il n’a d’ailleurs pas été renouvelé. La raison invoquée : je n’étais pas « assez impliquée ».


Pour lire l’entretien, rendez-vous sur le site de l’Alter Échos.

Pour en savoir plus sur le travail dans le monde associatif, consultez notre dossier spécial sur le site Éconosphères.


Source photo : Commission de mobilisation du travail social en Île-de-France.