Face à la domination des GAFAM et à la course effrénée vers l’IA générative, existe-t-il une voie pour mettre l’intelligence artificielle au service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
du bien commun ? Hugues Bersini, codirecteur de l’institut bruxellois FARI – AI Institute for the Common Good – et professeur d’informatique à l’Université libre de Bruxelles, en est convaincu. Dans cet entretien, il défend une approche pragmatique qui consiste à développer des solutions algorithmiques sobres, locales et démocratiquement contrôlées pour répondre aux enjeux de mobilité, de santé publique et de transition énergétique. Mais il ne cache pas les obstacles parmi lesquels l’inertie administrative, le réflexe du recours aux consultants, la dépendance technologique et le désastre écologique de l’IA générative.

L’institut FARI dont vous êtes codirecteur se consacre à « l’IA pour le bien commun ». Quels critères permettent de distinguer une IA « pour le bien commun » d’une IA au service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
d’intérêts Intérêts Revenus d’une obligation ou d’un crédit. Ils peuvent être fixes ou variables, mais toujours déterminés à l’avance.
(en anglais : interest)
privés ou marchands ?

Déjà, nous n’avons aucun intérêt à faire du bénéfice. En tant qu’ASBL, l’institut doit payer des salariés mais sans emmagasiner de profits. Ensuite, nous travaillons sur des secteurs bruxellois généralement assimilés aux biens communs ou publics comme la mobilité, la santé publique, l’accès à l’emploi ou la transition énergétique.

Ces domaines nous concernent tous. Nous ne sommes peut-être pas toujours d’accord sur les objectifs – parfois mobilité et énergie sont antagonistes – mais nous pouvons nous mettre d’accord sur des finalités favorisant le plus grand nombre, avec une vision utilitariste. Et l’informatique, l’IA particulièrement, peut aider à atteindre ces objectifs.

FARI a été conçu pour aider les administrations publiques – responsables de nos biens publics – à mettre en place des solutions logicielles alignées avec le désir de la population. Nous nous limitons à l’échelle bruxelloise, car Bruxelles est une région en tant que telle.

Concrètement, quels sont les projets développés par FARI ?

Nous sommes impliqués dans beaucoup de projets, mais aucun n’a atteint le niveau d’opérationnalisation bruxelloise souhaité.

Par exemple, j’ai travaillé avec des étudiants de l’UCLouvain sur une application de multimodalité en mobilité – combinant trottinette, vélo, etc. – pour se rendre d’un point A à un point B selon des critères écologiques, économiques ou temporels. L’application fonctionnait très bien avec des solutions open source (OpenStreetMap) et était très concurrentielle de Google Maps, qui ne mélange pas les modalités. Nous l’avons présentée à la STIB, qui a refusé sous prétexte que la multimodalité n’est pas leur rayon. Six ans plus tard, ils lancent Floya, mal pensée, sans succès d’adhésion.

Lors de la vaccination Covid, nous étions en contact avec la COCOM et nous avons développé un système d’aide à la décision complexe permettant de déterminer le nombre de doses, de vaccinodromes et de vaccinateurs nécessaires. Il permettait également d’organiser les rendez-vous pour prioriser les personnes les plus vulnérables, sachant que certains vaccins ne faisaient pas l’unanimité.

En matière de transition énergétique, j’ai proposé à Sibelga une solution logicielle pour faciliter le partage d’énergie dans les communautés d’énergie. Le gestionnaire des réseaux de distribution d’électricité et de gaz naturel à Bruxelles est réticent, considérant que ce n’est pas sa priorité.

Quels sont aujourd’hui les exemples les plus convaincants d’IA déployée au service du bien commun, en Belgique, en Europe ou ailleurs ? Et qu’est-ce qui fait leur succès ?

Il y a des villes comme Amsterdam avec beaucoup d’applications IA pour la gestion de l’eau avec le repérage de la montée des eaux ou la récupération des eaux, par exemple.

Lors du Covid, énormément d’universités ont été impliquées. Le QR code de vaccination est une solution universitaire, suisse je pense, adoptée par l’Europe. En France, un étudiant, Guillaume Rozier, a développé Vitemadose parce qu’il trouvait que les consultants et McKinsey avaient mal fait leur travail. C’est devenu le site le plus visité du pays pour la prise de rendez-vous de vaccination. Il a été décoré de la Légion d’honneur par le Président de la République française. Cela montre qu’en informatique, on peut avoir d’excellentes idées.

C’est un peu l’idée de FARI : les étudiants qui font des stages et mémoires participent au bien public. L’institut se veut l’intermédiaire entre propositions universitaires et administrations publiques. On n’a rien contre les consultants, mais souvent on les sollicite trop vite pour des sommes colossales et des services qui ne sont pas toujours à la hauteur. Les administrations ne disposent pas d’équipes pour évaluer le coût et la qualité. C’est un réflexe : face à un gros problème, elles appellent le consultant, par confort mental.

Notre stratégie consiste à faire de FARI un interlocuteur incontournable pour tout projet d’IA en Région bruxelloise. À l’heure actuelle, les administrations se jettent sur l’IA générative, sans recul. Je leur dis : « Venez chez nous, on va vous expliquer, vous sensibiliser aux aspects écologiques et de souveraineté. » Par exemple, Mistral marche moins bien que ChatGPT, mais en mobilisant Mistral avec ses propres documents via la technologie RAG [1], vous avez un excellent agent conversationnel, une solution européenne locale avec des documents qui restent chez vous, ce qui constitue clairement un avantage comparatif par rapport aux solutions Microsoft.

Dans quels secteurs pensez-vous que l’IA pourrait apporter la contribution la plus significative au bien commun ? La santé publique, l’éducation, la transition écologique, les services publics ?

Le secteur de la médecine, le plus philanthropique, est celui que nous aimons mettre en avant. L’IA a permis des progrès extraordinaires en matière de découverte pharmaceutique, de prédiction et compréhension des maladies. Il s’agit d’un bénéfice évident pour l’humanité et il doit donc être prioritaire.

Je ne veux plus mettre en avant la transition énergétique depuis l’éclosion de la nouvelle IA, qui est une catastrophe écologique. Pour l’éducation, on verra. Nous sommes en plein tsunami, je ne sais pas si nos jeunes vont tirer profit ou subir les conséquences de cette IA.

Pour en revenir à la médecine, autant nous accomplissions des choses extraordinaires – nouveaux médicaments, nouveaux traitements –, autant nous ne mettons pas du tout l’IA à contribution pour l’organisation et la gestion des hôpitaux.

Par exemple, il est très compliqué de prendre un rendez-vous IRM ou scanner à Bruxelles. On pourrait tout à fait centraliser la mise à disposition des scanners, évaluer l’urgence et utiliser des algorithmes de matching entre demandes et offres raréfiées – organiser les priorités, c’est très « algorithmisable ».

Cependant, l’organisation de la santé en Belgique complique ces possibles évolutions, car différents réseaux comme l’UCLouvain ne communiquent pas avec l’ULB. Il y a là aussi des obstacles à surmonter.

Comment l’IA peut-elle concrètement servir les objectifs de transition écologique et de sobriété énergétique, alors même que son développement actuel est très énergivore ?

Je pense qu’on peut faire des choses extraordinaires avec une IA très sobre. Par exemple, nous travaillons avec l’AIEG, un petit gestionnaire de réseau de distribution de gaz et d’électricité en Wallonie, sur la prédiction des décrochages. Ce phénomène est très problématique, car lorsqu’il y a trop de production solaire, les producteurs décrochent, ne vendent pas leur énergie et leur investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
n’est pas rentabilisé. Ils veulent donc anticiper ces décrochages pour récupérer l’énergie produite, notamment via les communautés d’énergie.

Nous avons développé une IA simple qui prédit la production et la consommation à venir sur base de la consommation actuelle. Si elle présage un décrochage, elle décide de la répartition au prorata de la consommation à venir. Par exemple, dans le cas d’une personne possédant une voiture électrique, l’IA peut lui suggérer de brancher son véhicule pour ensuite le charger automatiquement au moment d’une surproduction Surproduction Situation où la production excède la consommation ou encore où les capacités de production dépassent largement ce qui peut être acheté par les consommateurs ou clients (on parle alors aussi de surcapacités).
(en anglais : overproduction)
dans le courant de la journée.

Ce sont des projets qui aident la transition énergétique tout en étant extraordinairement sobres – de petits algorithmes pas compliqués, pas du ChatGPT. J’aime beaucoup le modèle des communautés d’énergie, car il favorise la démocratie inclusive : les gens doivent discuter, se mettre d’accord. C’est, en quelque sorte, une réappropriation de la question énergétique.

Quel rôle pour les communs numériques dans le développement d’une IA pour le bien commun ? Les données, les modèles, les infrastructures de calcul devraient-ils être gérés comme des communs ?

On n’a pas attendu l’IA pour que la notion de commun numérique voie le jour. Elinor Ostrom, prix Nobel d’économie pour sa théorie des communs, avait beaucoup étudié les communs au Moyen Âge avec l’idée de partager une ressource précieuse plutôt que d’en faire une propriété privée. Il y a deux manières de gérer une ressource partagée : soit la confier à une entreprise privée avec un système économique, soit établir un système de démocratie avec des règles collectives.

À la fin de sa vie, Ostrom a retrouvé ces principes dans les communautés open source – Wikipédia, Linux – où les informaticiens partageaient le travail dans le cadre d’une vraie démocratie. Il existe beaucoup de règles de fonctionnement méconnues, comme l’arbitrage Arbitrage Opération qui consiste à jouer sur la différence de prix d’un même actif sur deux marchés financiers différents ou d’un produit dérivé par rapport à son produit sous-jacent. Ces gains sont généralement faibles, mais obtenus à grande échelle et recherchés en permanence par des travailleurs spécialisés (les arbitragistes) ils peuvent occasionner d’importants bénéfices (et parfois aussi des pertes considérables).
(en anglais : arbitrage, mais parfois aussi trading ou hedge).
en cas de désaccord sur Wikipédia. Dans certains projets open source, on retrouve des « dictateurs ». Chez Python, c’est l’inventeur Guido Van Rossum qui a le dernier mot. Chez Linux, il s’agit de Linus Torvalds. Chez Wikipédia, sans chef initial, une autorité a émergé petit à petit via la statistique de production et la qualité des écrits.

Comment impliquer les citoyens et la société civile dans la gouvernance de l’IA ? Au-delà des principes éthiques, quels mécanismes concrets de participation et de contrôle démocratique imaginez-vous ?

Ce serait mon rêve de mettre en place des mécanismes de participation et de contrôle démocratique. À Paris, il y a deux, trois administrateurs dont c’est le rôle. Ils ont déjà mis en place des systèmes, mais ce n’est pas procéduralisé, pas formalisé. De toute façon, il y a peu de choses formalisées sur la bonne manière de procéder lors du développement d’un algorithme.

J’aurais voulu que FARI soit à l’avant-garde de ce type d’expérimentation, mais nous n’y sommes jamais parvenus. J’ai beaucoup lu sur les expériences de démocratie participative, par exemple la Convention citoyenne sur le climat – cela marche plutôt bien. Il y a des gens devenus experts dans leur mise en place, comme François Gégout, qui fait beaucoup de participation pour des bibliothèques collectives ou des partages d’outils. Il organise des rencontres pour savoir comment cela pourrait se passer au mieux et jouit d’une véritable expertise sur l’organisation d’une délibération, comment passer la parole, etc.

Mais aucune de ces expériences n’a permis d’écrire un algorithme collectivement, une solution d’IA collective. Cela manque. Je voudrais que FARI puisse jouer un rôle d’avant-garde. Il y a des gens prêts à le faire, mais il faudrait trouver des algorithmes.

Comment éviter que la recherche publique ne soit captée par les intérêts privés ou ne se contente de suivre les agendas des GAFAM ?

Il faut sensibiliser, avec la mobilité par exemple. Quand vous prenez Waze ou Google Maps, il peut vous proposer une déviation à prendre pour éviter un embouteillage, par exemple. C’est très étrange de se dire que nous avons délégué la mobilité dans nos villes aux GAFAM. Si vous rencontrez un problème avec Waze, vous ne savez pas à qui téléphoner. J’en ai parlé à Elke Van den Brande, ministre de la Mobilité. Selon elle, Google Maps se sert des données de Bruxelles Mobilité. Je n’en suis pas sûr, car les chantiers ne sont pas immédiatement pris en compte. Ils finissent par l’être parce que les gens les évitent, qu’on voit les bouchons, et l’algorithme est suffisamment bien fait pour répercuter leur présence.

Grâce à une application conçue pour la mobilité bruxelloise, nous pourrions envisager que, dès l’ouverture d’un chantier, le trafic se réorganise automatiquement. Cela n’existe pas, par manque de compétences, d’inertie. Les gens se disent que Google Maps fonctionne très bien. Mais on pourrait faire mieux, avec peut-être les mêmes idées. Il faudrait pour cela que l’Europe passe des accords avec ces géants, récupère leur algorithme et comprenne comment cela fonctionne. Ensuite, il s’agirait de rajouter des fonctionnalités typiquement locales – un Waze bruxellois qui intègre des spécificités propres à la ville. On pourrait même imaginer de proposer aux touristes qui souhaitent découvrir les beaux quartiers de la capitale des itinéraires ou diverses suggestions en se servant de ces outils, tout en y apportant des critères locaux, ce que Waze et Google Maps ne font pas. Il en va de même pour les agents conversationnels, comme ChatGPT ou Copilot. Tout le monde se rue sur ces outils, y compris le secteur public. J’ai eu beaucoup de discussions avec des politiques qui disent : « Il faut que les documents officiels du Parlement soient accessibles aux particuliers, et avec ChatGPT, c’est possible. » Mais ils vont aller sur Copilot parce qu’ils ont des licences Microsoft. Ils ne pensent même pas à chercher d’autres solutions. Par conséquent, ils sont pieds et poings liés aux GAFAM. Ils n’ont jamais le réflexe de se dire qu’il existe des solutions autres que les GAFAM.

Comment former les futures générations de chercheurs et d’ingénieurs en IA avec une conscience forte du bien commun et de la justice sociale ?

Le salaire reste le point le plus important. L’administration publique a des avantages comme la stabilité, etc., mais paye mal. Force est de constater, en 30 ans d’expérience, que ce n’est pas dans les administrations publiques que l’on trouve les meilleurs informaticiens. Malheureusement, il est très difficile de rivaliser avec le privé en matière de salaire, surtout dans l’informatique.

Cela va peut-être changer. Les informaticiens ne seront peut-être plus autant sollicités que par le passé, donc les salaires vont s’aligner. Il y a peut-être aussi une bulle de l’IA [2] qui va s’effondrer, avec des chutes de salaires.

Mais il ne s’agit pas que d’une question de salaire. Les entreprises privées sont également plus aventureuses. Elles offrent de meilleures stimulations intellectuelles que le public, qui est très conservateur.

Je connais beaucoup d’informaticiens qui avaient l’ambition de réaliser de super projets en mobilité qui se sont retrouvés à la STIB ou à la SNCB – des acteurs importants de la mobilité belge. Quand ils arrivaient avec des propositions audacieuses, on leur disait : « Non, on passera par des consultants qui vont nous proposer une solution développée par des Japonais ou des Chinois. » Alors, dans ce cas, ces informaticiens se disent qu’il vaut mieux aller chez les Japonais et les Chinois qui, eux, développent des projets intéressants.

Comment passer de projets pilotes à un déploiement à grande échelle d’une IA pour le bien commun ?

Nous n’allons pas bouleverser tout le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
de l’informatique. Les grosses entreprises, comme Microsoft, ont beaucoup plus de moyens que nous.

Mais nous pourrions mettre en œuvre une espèce de standardisation FARI – un ISO FARI – et garantir que cette IA respecte certains critères de bien public ou de bien commun, tels que des critères écologiques, d’égalité, de non-discrimination. Finalement, cela permettrait de s’appuyer sur l’expérience passée et de donner un tampon, une validation à d’autres projets, pas seulement en Belgique.

Et cela pourrait conduire à une franchise européenne. Si FARI réussit – que ce soit la standardisation logicielle ou autre – nous pourrions servir d’exemple pour d’autres instituts que l’Europe mutualiserait. Les difficultés que l’on rencontre dans les villes sont les mêmes partout : mobilité, transition énergétique, santé publique. Il s’agit toujours des mêmes problématiques, surtout sur le continent européen.

Maxime Fournes, président de Pause AI et interviewé dans ce même numéro, exige une pause dans la course vers l’intelligence artificielle générale pour éviter une catastrophe mondiale. Qu’en pensez-vous ?

Parmi les lauréats du prix Turing [3], Yoshua Bengio et Geoffrey Hinton, deux scientifiques que je connais et dont je peux témoigner de leur crédibilité scientifique, sont tous deux très alarmistes. Je partage leur analyse. Bengio et Hinton nous mettent en garde contre les GAFAM qui n’ont cure de l’humanité, comme on le voit avec le désastre climatique : ces entreprises appliquent le discours trumpiste « Drill, baby, drill ! » [4], une folie… Évidemment, elles sont contre toute régulation et elles instrumentalisent les propos alarmistes de scientifiques renommés.

Le vrai risque, c’est la perte de contrôle : qu’une IA se crée des sous-objectifs nocifs pour accomplir sa mission. Par exemple, en détournant l’électricité d’un hôpital pour optimiser sa production. On revient aux lois d’Asimov [5] dont la première – « ne jamais menacer aucun humain » – est très difficile à formellement définir.

Étant donné que nous n’avons pas tout à fait le contrôle sur ces machines et que nous leur donnons beaucoup d’autonomie et d’intelligence, elles pourraient déployer des stratégies auxquelles nous n’avons pas pensé – une sorte de bug rationnel. Selon leur propre logique, elles pourraient alors accomplir des choses très nocives pour nous.


Photo : CC BY 4.0 - Artificial intelligence and Democratic ethics by easy-peasyAI

Pour citer cet article : Adrien Jahier, "Pour une IA au service du bien commun : l’approche de l’institut FARI - Entretien avec Hugues Bersini", Gresea Échos n°125, mars 2026.

Notes

[1. La génération augmentée par récupération (RAG) est une technique permettant d’améliorer les réponses d’un grand modèle de langage en le connectant à une base de connaissances externe et fiable – par exemple, les documents internes d’une entreprise ou d’une administration. Plutôt que de se limiter aux données sur lesquelles le modèle a été entraîné, le système interroge d’abord cette base documentaire avant de générer sa réponse.

[2. Voir A. Jahier, « Du cobalt à ChatGPT : cartographie d’une exploitation mondialisée », Gresea Échos N°125, mars 2026.

[3. Le prix Turing, considéré comme le « Nobel de l’informatique », récompense chaque année depuis 1966 une contribution majeure aux sciences informatiques.

[4. « Drill, baby, drill !  » (« Fore, chéri, fore ! ») est un slogan républicain de la campagne présidentielle américaine de 2008, appelant à intensifier l’exploitation pétrolière, et repris par le candidat Donald Trump lors des dernières élections présidentielles.

[5. Isaac Asimov formulait en 1942 trois lois censées encadrer les robots de fiction, dont la première stipule qu’un robot ne peut porter atteinte à un être humain.