À partir d’enquêtes menées auprès des travailleur.euse.s des maisons de repos et de soins en Région wallonne et à Bruxelles, la recherche menée par Natalia Hirtz (Gresea) et Maria-Cecilia Trionfetti (Université Libre de Bruxelles), dans le cadre du projet « Soigner pour le profit » du réseau européen ENCO, analyse l’impact du processus de marchandisation sur le travail de care au sein de ces institutions.

Dans un contexte caractérisé par la dérégulation du temps du travail et une flexibilité accrue, l’intensification du travail Intensification du travail Stratégie managériale destinée à tirer davantage de production de la part de chaque travailleur.
(en anglais : work intensification)
, la « polyvalence », la réduction des coûts, la précarisation des statuts, la sous-traitance Sous-traitance Segment amont de la filière de la production qui livre systématiquement à une même compagnie donneuse d’ordre et soumise à cette dernière en matière de détermination des prix, de la quantité et de la qualité fournie, ainsi que des délais de livraison.
(en anglais : subcontracting)
et l’externalisation Externalisation Politique d’une firme consistant à sortir de son ou de ses unités de production traditionnelles des ateliers ou départements spécifiques. Cela peut se passer par filialisation ou par vente de ce segment à une autre entreprise.
(en anglais : outsourcing)
, les maisons de repos et de soins deviennent de véritables sources de profit constitué essentiellement d’un salariat féminin subalterne exerçant le travail du care avec des horaires flexibles, des cadences accrues, des bas salaires et des conditions précaires, ce qui impacte largement la santé des travailleuses et des résident.e.s.

Le care désigne des activités centrées sur le souci des autres. Cette dimension est présente dans toutes les activités de service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
(cuisine, nettoyage, infirmerie…), dans le sens où servir équivaut à prêter attention à autrui. Selon Pascale Molinier, le travail du care consiste à donner une réponse adéquate au besoin d’autrui. Il est caractérisé par le développement des habiletés perceptives, car il s’agit d’un processus proactif (relevant d’une attention soutenue permettant de voir ou d’entendre l’autre) orienté vers la recherche de solutions adaptées aux besoins de la personne. En effet, l’expression du besoin n’est pas toujours claire. Le care implique donc une attention nécessaire à l’interprétation de ce besoin. Il s’agit de « l’art de l’ajustement à des situations toujours particulières » [1].

À partir des enquêtes exploratoires empiriques menées auprès des travailleur.euse.s des MR-S en Région wallonne et à Bruxelles, nous chercherons à synthétiser quelques éléments principaux concernant l’impact du processus de privatisation [2] sur cette définition du travail du care.

 


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Cet article a paru sur le site d’Enco, dans le cadre d’une enquête sur la privatisation des hôpitaux et des maisons de retraite en Europe.

 


Notes

[1Molinier, P., Le travail du care, La Dispute, 2020 (1ére Éd. 2013)

[2Voir, Trionfetti M. C. et Hirtz N., « La privatisation du secteur des maisons de repos et de soins en Belgique », Rapport du Réseau européen des observatoires des multinationales (ENCO), à paraître.