Le producteur d’engrais Yara dépeint parfaitement le caractère non durable du modèle agricole dominant. Reposant largement sur le gaz, l’industrie des engrais est la cause de multiples accidents et pollutions. Par ailleurs, elle finance nombre d’initiatives pour le développement des énergies fossiles et la promotion d’une agriculture intensive, notamment en Afrique. Focus sur le géant norvégien des engrais, présent sur le site de Tertre, à Saint-Ghislain.

La revue Tchak ! s’adresse aux producteurs, aux artisans-transformateurs, aux consommateurs. Elle parle d’agriculture paysanne, d’agroécologie et des nouveaux modèles de production, de distribution et de consommation. Elle questionne les pratiques de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution. Elle adhère au code de déontologie de l’Association des journalistes professionnels.

Yara est le leader mondial des engrais azotés et le deuxième producteur d’ammoniac. La firme, détenue à 43% par la Norvège, emploie 17800 travailleurs dans 60 pays au travers 28 usines de production et 200 infrastructures (terminaux, entrepôts, usine d’ensachage...). Outre les fertilisants, Yara vend les sous-produits de la fabrication d’engrais à différentes industries : adblue pour les moteurs diesel, adjuvant pour béton, fluide de forage pour l’exploitation pétrolière, explosifs pour l’industrie minière, nutrition animale... Les ventes du groupe s’élèvent à 16 milliards de dollars en 2021.


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Sommaire

À la une, notre enquête « Libramont : la foire aux préjugés ? ». En voici les éléments clés :

Après deux années de pause forcée, la Foire de Libramont renouera avec le public fin juillet. Depuis sa création en 1927, elle attire un public de plus en plus large. Les dernières éditions ont réuni près de 200.000 visiteurs, sur un site qui couvre 300.000 m2. Des nombres qui en font la plus grande foire agricole en plein air d’Europe.
Ce développement n’a pas que des admirateurs. Ses détracteurs dénoncent un événement avant tout commercial, faisant la part belle à l’agriculture productiviste avec l’aide de deniers publics mal dépensés et sous la houlette d’administrateurs politisés.
Des critiques justifiées ? Ou des reproches réducteurs, qui s’arrêtent aux images de tracteurs rutilants, de bovins aux muscles hypertrophiés et de poignées de main ministérielles ? Tchak a mené l’enquête.

A la une, encore, de ce 10° numéro, notre décryptage sur l’agriculture sociale.

Son objectif : faire le lien entre le monde agricole et celui de l’accueil social. En diversifiant l’accompagnement social et thérapeutique, cette alternative à l’hospitalisation produit des effets incontestables sur la santé mentale des patients, plongés dans un cadre rythmé par le vivant. Pourtant, force est de constater qu’en Wallonie, cette approche peine à se faire soutenir durablement.

Au sommaire, aussi, de ce dixième numéro de Tchak, un reportage et plusieurs dossiers sur la guerre en Ukraine et ses conséquences :

Transcarpatie ukrainienne : les paysans au secours des réfugiés
Crise alimentaire : produire davantage ne résoudra rien
Produits agricoles : les vraies raisons de la hausse des prix
Agrocarburants : pourquoi il faut arrêter la nourriture dans le carburant

Et également une série de décryptages :

Colruyt : comment le groupe côté en bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
va pouvoir capter les aides agricoles européennes.
Label bio : entre accusations et confusions
Portrait en trois actes : Charles Culot, auteur de la pièce « Nourrir l’humanité »
Jeunes agriculteurs : « Il faut bousculer l’ordre établi ».
Maraîchage et achat-revente : des valeurs parfois bousculées.
Boissons alcoolisées : que cachent les étiquettes ?
Multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
 : Yara, le champion non durable des fertilisants
Enfin, 15 pages sur l’actualité des régions en matière de nouveaux producteurs et d’artisans-transformateurs, de création de coopératives et de magasins à la ferme, de luttes paysannes, etc.

(*) Le titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
« Réparer les vivants » présent en une provient du roman de Maylis de Kerangal. On a trouvé que l’expression collait particulièrement bien à l’agriculture sociale et fonctionnait bien avec notre épouvantail.