Les politiques économiques à visée environnementale actuellement à l’œuvre s’inspirent pour beaucoup de l’économie de l’environnement et reposent le plus souvent sur des mécanismes de marché. Depuis les années 1980, un courant que l’on pourrait qualifier d’hétérodoxe s’est développé : l’économie écologique. Nous allons tenter d’en présenter les points d’intérêt et de comprendre en quoi ce courant de pensée est susceptible d’offrir une alternative à la pensée économique dominante.

L’économie écologique (EE) ou socioéconomie écologique s’est construite en opposition à l’économie de l’environnement. Les précurseurs de ce courant de pensée partent du constat de l’incapacité de la science économique à répondre aux problèmes environnementaux, principalement parce qu’elle ne tient pas compte des limites des écosystèmes. Mais cette incapacité a aussi des causes plus profondes liées aux méthodes et à la philosophie propres aux économistes de l’environnement et aux tenants de la marchandisation de la nature [1].

À l’opposé, les économistes écologiques ont tenté de construire un champ de recherche transdisciplinaire, avec l’idée de faire tomber les frontières entre sciences sociales et sciences de la nature.

Aux origines de l’économie écologique

Si le champ de l’EE se constitue à la fin des années 1980, on retrouve ses origines dans les années 1960, notamment avec les réflexions de Rachel Carson [2] sur l’impact des pesticides, celles de Kenneth Boulding [3] et son vaisseau spatial Terre, mais également dans les craintes liées aux dangers du nucléaire et plus largement avec la prise de conscience de l’étendue des pollutions d’origine humaine. Le début des années 1970 est marqué par plusieurs publications comme l’étude de Nicholas Georgescu-Roegen sur les flux Flux Notion économique qui consiste à comptabiliser tout ce qui entre et ce qui sort durant une période donnée (un an par exemple) pour une catégorie économique. Pour une personne, c’est par exemple ses revenus moins ses dépenses et éventuellement ce qu’il a vendu comme avoir et ce qu’il a acquis. Le flux s’oppose au stock.
(en anglais : flow)
d’énergie et de matériaux [4], mais aussi par le rapport Meadows (1972), The limits to Growth, commandité par le Club de Rome. La première conférence de l’ONU ONU Organisation des Nations Unies : Institution internationale créée en 1945 pour remplacer la Société des Nations et composée théoriquement de tous les pays reconnus internationalement (193 à ce jour). Officiellement, il faut signer la Charte de l’ONU pour en faire partie. L’institution représente en quelque sorte le gouvernement du monde où chaque État dispose d’une voix. Dans les faits, c’est le Conseil de sécurité qui dispose du véritable pouvoir. Il est composé de cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) qui détiennent un droit de veto sur toute décision et de dix membres élus pour une durée de deux ans. L’ONU est constituée par une série de départements ou de structures plus ou moins indépendantes pour traiter de matières spécifiques. Le FMI et la Banque mondiale, bien qu’associés à ce système, n’en font pas officiellement partie.
(En anglais : United Nations, UN)
sur l’environnement se tient en 1972 et débouche sur la Déclaration de Stockholm. Les deux chocs pétroliers des années 1970 vont également induire un questionnement autour de l’énergie.

Au cours de cette même décennie, les économistes de l’environnement lancent leur revue, le Journal of Environmental Economics and Management en 1974 et l’association des économistes de l’environnement et des ressources (AERE) est fondée en 1979 [5]. Ceux-ci participent à remettre au gout du jour l’idée que croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
économique et protection de l’environnement peuvent coïncider, à la grande satisfaction des industriels.

Au début des années 1980, le néolibéralisme Néolibéralisme Doctrine économique consistant à remettre au goût du jour les théories libérales « pures ». Elle consiste surtout à réduire le rôle de l’État dans l’économie, à diminuer la fiscalité surtout pour les plus riches, à ouvrir les secteurs à la « libre concurrence », à laisser le marché s’autoréguler, donc à déréglementer, à baisser les dépenses sociales. Elle a été impulsée par Friedrich von Hayek et Milton Friedman. Mais elle a pris de l’ampleur au moment des gouvernements de Thatcher en Grande-Bretagne et de Reagan aux États-Unis.
(en anglais : neoliberalism)
(Thatcher, Reagan) s’impose. L’environnement disparait peu à peu de l’agenda politique. Dans le même temps, l’économie de l’environnement devient de plus en plus conservatrice et exclusive des critiques économiques radicales [6]. Des économistes concernés par les questions environnementales, mais ne se réclamant pas de la théorie néoclassique vont se rapprocher des penseurs de l’écologie et progressivement constituer un champ distinct de l’économie de l’environnement et des ressources : l’économie écologique.

Les économistes écologiques créent l’ISEE (International Society of Ecological Economics) en 1988. Le premier numéro de la revue Ecological Economics parait en 1989, deux ans après le rapport Bruntland de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU et trois ans avant la conférence de Rio sur l’environnement. Nous sommes dans ce que Dunlap [7] nomme la « seconde vague » de l’environnementalisme, à la fin des années 1980, liée aux préoccupations autour de la couche d’ozone, du réchauffement climatique et de l’extinction massive d’espèces animales.

La première conférence de l’ISEE s’est tenue en 1990 avec près de 350 participants. La seconde en accueillera 450. L’ESEE, le pendant européen de l’ISEE, organise sa première conférence en 1996. Durant les années 1990, de nombreuses recherches transdisciplinaires sont financées et l’économie écologique connait un premier essor, mais l’intérêt retombe à la fin de la décennie 1990, l’environnement se trouvant à nouveau relégué au second plan avec la montée des conservatismes et les préoccupations liées à l’immigration et au terrorisme [8].

Dès le départ, l’ISEE compte dans ses rangs des chercheurs de différentes disciplines : écologie, économie, physique, ingénieurs travaillant sur l’énergie ou la théorie générale des systèmes, etc. Le point commun de ces chercheurs est la vision partagée qu’économie et systèmes écologiques sont intimement liés. Du côté des économistes, on retrouve des socioéconomistes, des marxistes, des économistes des institutions, qui vont avoir une influence certaine sur l’économie écologique, mais aussi des keynésiens et des néoclassiques. Certains économistes « mainstream », issus de l’économie de l’environnement et des ressources vont également participer aux conférences de l’ISEE et publier dans la revue Ecological Economics.

Prendre en compte les sciences de la nature

L’EE couvre à peu près tous les sujets en lien avec l’environnement, si bien qu’il serait difficile d’en faire la synthèse. Nous pouvons cependant souligner quelques points d’intérêt récurrents.

L’approche transdisciplinaire est centrale dans l’EE. Globalement, les économistes écologiques favorisent les approches systémiques et accordent une attention similaire aux sciences de la nature (sciences de la vie, de la terre et de la matière) et aux sciences sociales. Pour la grande majorité d’entre eux, l’« efficacité » des systèmes économiques ne se mesure pas par des analyses cout-bénéfice, mais bien par leur capacité à perdurer de manière soutenable économiquement, écologiquement et socialement.

Là où les économistes raisonnent le plus souvent en termes de prix et de quantités de marchandises, les économistes écologiques pensent leur discipline au travers des flux de matières et d’énergie. Pour ces derniers, les activités humaines sont perçues comme des processus naturels, c’est-à-dire comme un ensemble de processus chimiques, physiques, biologiques [9]. L’économie se voit ainsi considérée comme un sous-système encastré dans des systèmes plus larges que sont les sociétés et la biosphère (voir figure 1).

Figure 1 – L’économie en Donut. Tiré de Kate Raworth (2017), Doughnut Economics : Seven Ways to Think Like a 21st-Century Economist.

Les lois physiques, notamment les principes de la thermodynamique, sont des éléments d’attention pour l’EE. La pensée néoclassique s’était fortement inspirée du modèle mécaniste de la physique newtonienne [10] à la fin du XIXe siècle, notamment de son formalisme mathématique, pour aboutir à sa théorie de l’équilibre général. Dans cette théorie, toutes les actions sont prévisibles (les comportements sont rationnels), réversibles et les facteurs de production (capital Capital Ensemble d’actifs et de richesses pouvant être utilisés pour produire de nouveaux biens ou services.
(en anglais : capital, mais aussi fund ou wealth)
, travail) peuvent se substituer entre eux.

Mais les connaissances acquises en sciences de la nature viennent balayer ces hypothèses. De nombreux phénomènes naturels sont imprévisibles. Le changement climatique, les cyclones ou les tsunamis nous le démontrent à l’envi. La physique démontre par ailleurs que certains processus sont irréversibles, notamment celui de la dégradation de l’énergie et de la matière. C’est ce que montre le second principe de la thermodynamique, aussi appelé loi d’entropie, qui « stipule que toute transformation énergétique s’accompagne d’une dégradation de l’énergie. L’énergie n’est jamais détruite (conservation quantitative), mais change de forme (dissipation qualitative) /.../ L’énergie se dissipe jusqu’à se transformer en chaleur − qui, étant la forme la plus dégradée de l’énergie, ne peut plus subir de transformation − et devient si diffuse qu’elle ne peut plus être utilisée par l’homme. Dans ces conditions, s’il est possible de transformer tout le travail en chaleur, il est impossible de transformer complètement de la chaleur en travail. Le principe d’entropie décrit donc une dissymétrie et une irréversibilité physique fondamentale. » [11]

Le rôle de l’énergie, des matières premières, les principes de la thermodynamique et l’irréversibilité des processus associés [12] conduisent les économistes écologiques à la conclusion que la croissance économique ne pourra se perpétuer indéfiniment, et qu’une réforme de l’économie est inéluctable.

De même, un autre écueil des théories néoclassiques est celui de la substituabilité des facteurs. Pour les économistes néoclassiques, « lorsqu’une ressource non renouvelable essentielle s’épuise, son prix de marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
augmente, forçant les entrepreneurs à chercher des substituts moins chers » [13]. L’épuisement des ressources naturelles, dans ce raisonnement, n’est donc pas un problème puisqu’on peut toujours les remplacer par du capital Capital physique (machines) ou humain (force de travail Force de travail Capacité qu’a tout être humain de travailler. Dans le capitalisme, c’est la force de travail qui est achetée par les détenteurs de capitaux, non le travail lui-même, en échange d’un salaire. Elle devient une marchandise.
(en anglais : labor force)
, savoir scientifique et technologique). En allant au bout de cette logique, nous pourrions remplacer le pétrole des voitures ou l’électricité de nos maisons par de la connaissance scientifique… Il peut donc y avoir de la croissance sans énergie dans la théorie économique orthodoxe, bien que cela aille à rebours des lois de la physique !

L’étude des interactions entre système économique et écosystèmes est donc centrale pour l’EE, permettant la mise en avant de concepts tels que la résilience – la capacité des systèmes à absorber des chocs sans se désorganiser – et insistant sur l’importance de la biodiversité. Là encore, nous sommes dans une démarche radicalement opposée à celle de l’économie dominante. Celle-ci a tendance à ignorer tout ce qui sort des relations monétaires, de consommation et de production, et raisonne le plus souvent ceteris paribus − toutes choses égales par ailleurs − comme si l’économie était un système clos, indépendant du reste du monde extérieur. Dans ce raisonnement, les flux entrants et sortants d’énergie et de matière sont littéralement absents. L’écologue Howard Odum avait déjà montré au début des années 1970 que les flux de capitaux pouvaient s’apparenter à des flux d’énergie et avaient donc un impact sur l’environnement. La proposition néoclassique selon laquelle les marchés sont des systèmes fermés n’a par conséquent aucun sens, ni scientifique ni écologique [14].

Les notions d’interdépendance, de rétroaction ou de coévolution – empruntées aux sciences de la nature − font partie de la boite à outils de l’économie écologique. Là encore, nous sommes à l’opposé de la fable de l’économie néoclassique qui considère que les marchés s’autorégulent et atteignent automatiquement l’équilibre, par le jeu de la main invisible. L’un des apports des sciences de la nature est justement d’avoir montré que les écosystèmes ne sont jamais stables [15], qu’ils changent en permanence et se maintiennent dans un état hors d’équilibre grâce à de complexes boucles de rétroaction. Cette perception du fonctionnement de l’économie, « en silo », par la théorie dominante est un des éléments permettant de comprendre pourquoi la majorité des économistes se retrouve le plus souvent désarmés pour comprendre les relations entre les sociétés et la nature.

Parmi les thématiques centrales de l’EE, les questions liées à l’énergie (qualité de l’énergie, taux de retour énergétique…) tiennent une place importante, de même que celles liées au système de production alimentaire. Le rejet de la croissance pour elle-même et de la fixation des prix et de la valeur par le seul marché sont des idées largement partagées.

Prendre en compte les enjeux sociétaux

L’approche transdisciplinaire adoptée par l’EE ne se limite pas aux apports des sciences de la nature, mais intègre aussi les autres sciences sociales. La notion de justice environnementale qui apparait aux États-Unis à la fin des années 1980 en est une illustration. Il s’agit au départ de réfléchir sur l’existence d’un possible « racisme environnemental », partant du constat que les populations défavorisées, et certains groupes ethniques se trouvent généralement les plus exposés aux pollutions. Cet état de fait est toujours d’actualité dans de nombreuses villes européennes [16].

D’autres s’intéressent plus particulièrement aux échanges écologiquement inégaux sur la base des travaux de Frederick Soddy notamment [17]. Le phénomène se caractérise par une spécialisation des pays du Sud dans l’extraction et l’exportation de matières premières (mines, hydrocarbure, agriculture intensive...) avec toutes les conséquences environnementales associées. Un autre axe de recherche est celui de la dette écologique [18], qui renvoie au passif environnemental dont ont hérité les pays anciennement colonisés.

Les tenants de l’EE s’intéressent également aux enseignements de la sociologie, notamment avec l’idée que les comportements des individus sont aussi induits par les structures sociales, ou que le changement social se caractérise par le conflit, donc qu’il existe des relations de pouvoir et des intérêts antagonistes. Nous ne sommes pas dans la fiction de l’économie néoclassique où les individus sont identiques et uniquement motivés par l’optimisation de leur bien-être personnel. Par extension, les questions de la prise de décision collective et de la démocratie participative sont des sujets d’intérêt en EE. De la même manière, une autre idée partagée est celle d’une nécessaire redistribution des richesses entre individus et générations.

La mesure des services rendus par les écosystèmes et les indicateurs économiques alternatifs incluant des variables sociales ou environnementales font aussi partie des préoccupations de l’EE. Là encore, bien que certains de ces aspects soient aussi étudiés par l’économie de l’environnement, l’EE se démarque en reconnaissant que certaines valeurs sont incommensurables, c’est-à-dire qu’on ne peut raisonnablement les mesurer (l’eau, l’air…) ni prioriser un mode d’évaluation plutôt qu’un autre, ce que les économistes classiques rejettent généralement en insistant sur la seule évaluation monétaire. L’économie écologique met en avant le pluralisme des valeurs (éthiques, spirituelles, sociales, économiques…) et s’interroge sur la possibilité de recourir à des formes de délibérations collectives pour déterminer socialement ces valeurs [19].

Røpke expose d’autres lignes de fractures avec l’économie de l’environnement [20]. Par exemple, les économistes écologiques sont généralement plus critiques à propos du rôle nécessairement positif de la croissance, de la technologie, ou des échanges internationaux. Ils ne pensent pas non plus que le bien-être puisse simplement se mesurer en PIB PIB Produit intérieur brut : richesse marchande créée durant une période déterminée (souvent un an) sur un territoire précisé (généralement un pays ; mais, en additionnant le PIB de tous les pays, on obtient le PIB mondial).
(en anglais : Gross Domestic Product ou GDP)
/habitant ou en pouvoir d’achat monétaire.

|Quelques auteurs importants

Nous allons dans cette section présenter succinctement quelques auteurs [21] marquants pour l’économie écologique, parce qu’ils ont inspiré ce champ de recherche ou parce qu’ils en ont été à l’origine. Ceci nous permettra aussi de mettre en lumière les différentes approches et centres d’intérêt qui peuvent coexister dans l’EE.

Kenneth Boulding est souvent mentionné comme l’un des pionniers de l’économie écologique. Il préside l’association américaine d’économie en 1968, deux ans après la publication de son ouvrage : The Economics of the Coming Spaceship Earth (L’économie du futur vaisseau spatial Terre), dans lequel il compare l’« économie des cow-boys », qui ne tient pas compte de la rareté des ressources à l’« économie du vaisseau spatial terre », consciente de la finitude des ressources disponibles et de sa capacité limitée d’absorption des déchets. On lui doit la célèbre citation : « Celui qui croit qu’une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste ».

Nicholas Georgescu-Roegen, mathématicien et économiste est l’un des premiers économistes à tenter d’intégrer les apports de la physique à l’économie en appliquant les principes de la thermodynamique à l’économie. Protégé de Schumpeter, il ouvre la voie à l’idée que la croissance est impossible à long terme étant donné la dégradation de l’énergie et de la matière dans des formes plus dispersées, voire inutilisables (entropie), mais aussi du fait de la croissance de la population et des pressions imposées aux écosystèmes. Il publie The Entropy Law and the economic Process en 1971. Ses travaux passent relativement inaperçus, jusqu’à ce que Jacques Grinevald, un historien et philosophe français, élève de Georgescu-Roegen, rassemble et publie ses articles dans Demain la décroissance. Entropie, écologie, économie (1979) et que ceux-ci soient popularisés par le mouvement de la décroissance [22] au tournant des années 2000.

Herman Daly est un économiste américain, élève de Georgescu-Roegen. Il est connu pour avoir remis au gout du jour l’idée d’un état stationnaire de l’économie (croissance zéro) afin de réduire les effets de la dispersion de l’énergie et de la matière. Ancien économiste de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
, il quitte l’institution en 1994, fustigeant sa conception de l’économie faisant fi des relations entre économie et « monde physique ». Il a longtemps milité pour les quotas d’émission échangeables, de même que pour la possibilité d’échanger des droits à procréer (afin de limiter la population) et promeut un revenu minimum et maximum. Il reconnait la compatibilité de certaines formes de capitalisme Capitalisme Système économique et sociétal fondé sur la possession des entreprises, des bureaux et des usines par des détenteurs de capitaux auxquels des salariés, ne possédant pas les moyens de subsistance, doivent vendre leur force de travail contre un salaire.
(en anglais : capitalism)
– associée à des règlementations et à l’« État providence » – avec une économie soutenable [23]. Il a coordonné plusieurs manuels d’économie écologique [24]. Il est l’un des cofondateurs de l’ISEE et de la revue Ecological Economics.

René Passet est un économiste du développement français, premier président du conseil scientifique d’Attac. Militant pour la transdisciplinarité en économie, notamment vis-à-vis des sciences du vivant, et pour la pensée complexe chère à Egdar Morin ; il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence sur la pensée économique et ses liens avec les systèmes de représentation dominants. Élève de Jacques Ellul, il s’interrogera sur le développement de la technique comme finalité plutôt que comme moyen au service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
de l’humain. Il contribue à introduire la notion de bioéconomie, avancée par Georgescu-Roegen. Ses ouvrages principaux sont L’Économique et le vivant (1979), L’Illusion néo-libérale (2000) et Les grandes représentations du monde et de l’économie à travers l’histoire : de l’univers magique au tourbillon créateur (2010).

Ann Mary Jansson est une des fondatrices de l’économie écologique. Biologiste suédoise, elle étudie d’abord les algues de la mer Baltique sous l’angle de l’énergie puis s’intéresse aux interactions entre espèces. En 1971, elle rencontre Edward Odum, un écologue pionnier de l’étude des écosystèmes, et se trouve fascinée par les travaux combinant l’étude de l’humain et de la nature. En 1982, elle invite Herman Daly à discuter des relations économie-écologie et fera partie des co-fondateurs de l’ESEE avec Daly et Costanza. Elle a été professeure à l’Université de Stockholm au département d’écologie des systèmes. Elle est l’une des premières chercheuses à avoir initié des recherches transdisciplinaires visant à intégrer l’écologie et l’économie, qui aboutiront au développement de l’économie écologique.

Robert Costanza est l’un des co-fondateurs de l’ISEE et son ancien président. Diplômé de l’université de Floride pour une thèse sur les systèmes écologiques, il a dirigé la revue Ecological Economic de 1989 à 2002. Partisan des approches transdisciplinaire, il coordonne de nombreux ouvrages, dont plusieurs manuels d’économie écologique comme An introduction to Ecological Economics (1997), avec Herman Daly, John Cumberland (un économiste de l’environnement et des ressources), Robert Goodland (ancien conseiller environnemental de la Banque mondiale) et Richard Nordgaard (économiste de l’agriculture et des ressources, co-fondateur de l’ISEE). Comme Herman Daly, il a pu faire l’objet de critiques pour sa proximité avec les thèses néoclassiques et l’acceptation de certaines formes de capitalisme [25].

Joan Martinez Alier est un économiste espagnol, de l’Université de Barcelone. On lui doit notamment l’ouvrage L’écologisme des pauvres. Une étude des conflits environnementaux dans le monde (2002). Martinez Alier y détaille les liens entre les conflits environnementaux et les rapports sociaux qui les sous-tendent. Ceci passe par une étude de la dette écologique (et des échanges économiques et écologiques inégaux) et permet d’introduire la notion de justice environnementale. Martinez Alier est à l’origine de la branche européenne de la société internationale d’EE (ESEE). Il a aussi travaillé sur les questions de mesure de la valeur par des approches multicritères. Par exemple : comment attribuer une valeur à la forêt ? Selon l’attachement que ses habitants lui portent, sa beauté, la biodiversité qu’elle abrite ou selon la valeur de son bois [26] ?

Un champ traversé de divers courants

Nous avons esquissé les contours de l’économie écologique en donnant quelques éléments sur sa constitution en tant que champ de recherche, et en mettant en lumière certains des sujets centraux qui la traversent. Mais malgré les points communs qui peuvent unir les économistes écologiques, des tensions demeurent, tant sur le rapport à l’économie néoclassique que sur les méthodes de l’EE et les objectifs qu’elle doit se fixer.

Un premier point de divergence entre les tenants de l’EE concerne le rapport à l’économie néoclassique. Nous avons vu qu’à l’origine, l’EE avait voulu se démarquer de l’économie de l’environnement, mais cette démarcation n’est pas toujours aussi claire qu’elle y parait, ce qui peut être à l’origine de confusions et de controverses.

Pour beaucoup, surtout aux États-Unis, il n’y a pas de différence entre économie écologique et économie de l’environnement et des ressources. La situation peut se présenter un peu différemment en Europe où il n’a jamais vraiment existé d’école de l’économie de l’environnement à proprement parler.

Les économistes se revendiquant de l’EE aux États-Unis ont le plus souvent cherché à faire entrer les principes de l’écologie dans les modèles économiques existants [27] plutôt qu’à opérer un réel changement de paradigme et à tenter de faire de l’économie « autrement ». Certains auteurs américains, à l’instar de David Pearce, considèrent même l’économie écologique comme une sous-branche de l’économie de l’environnement. En Europe, le profil des économistes ayant rejoint l’EE est plus celui de socioéconomistes ou en tout cas de chercheurs déjà critiques vis-à-vis de la théorie dominante et préférant se placer dans une perspective plus sociale avec notamment un intérêt marqué sur les inégalités.

La volonté initiale de pluralisme affichée par l’EE est une autre cause de cette controverse. Au départ, l’idée de faire venir des chercheurs de toutes les disciplines a rimé avec la possibilité pour quiconque se déclarant intéressé par le sujet d’y adhérer, y compris des économistes néoclassiques. Comme l’explique Clive Spash [28], ce pluralisme a conduit à ne pas éliminer certaines théories néoclassiques néfastes à la compréhension du problème. Derrière ces querelles pour savoir qui peut se prévaloir de représenter l’EE se cache aussi l’enjeu de la capture d’un concept qui est devenu de plus en plus populaire au fil du temps.
Ces différentes approches et positionnements ont conduit certains auteurs à proposer une typologie des chercheurs de l’EE. Clive Spash [29] voit trois courants se dégager : les nouveaux pragmatistes environnementaux, les nouveaux économistes des ressources et les économistes socioécologistes.

Spash décrit les nouveaux pragmatistes environnementaux comme se concentrant « sur la promotion de méthodes et de concepts parce qu’ils sont jugés efficaces dans les conditions politiques et les institutions économiques actuelles (c’est-à-dire celles du capitalisme néolibéral). Ces pragmatistes veulent vendre leur message environnemental sous une forme commercialisable acceptable par les élites politiques, commerciales et de la finance, et ce faisant, ils adhèrent à la méthodologie et à l’idéologie de la marchandisation, de la quantification et de la tarification de la nature » [30]. Ce courant travaille sur l’évaluation – souvent monétaire – des services écosystémiques, avance la notion de capital naturel, de comptabilité verte et promeut les marchés du carbone. Toujours selon Spash, ils justifient le manque de méthode et de base théorique de leurs travaux par la nécessité d’obtenir des résultats pratiques à des objectifs fixés. Ils rejettent souvent toute option Option Contrat où un acquéreur possède le droit d’acheter (option dite « call ») ou de vendre (option dite « put ») un produit sous-jacent (titre, monnaie, matières premières, indice...) à un prix fixe à une date donnée, moyennant l’octroi une commission au vendeur. C’est un produit dérivé.
(en anglais : option).
« non pratique », la présentant comme irréaliste politiquement, mauvaise ou stupide. Il range dans cette catégorie des auteurs comme Daly ou Costanza – pour leur volonté de donner une valeur à la nature notamment–, mais aussi des ONG environnementales enclines à monter des partenariats avec des multinationales ou des agences internationales qui promeuvent les « investissements dans les écosystèmes qui pourront profiter en même temps aux populations locales et au secteur privé » [31]. Les pragmatiques préfèrent une approche purement activiste, de campagne, pour régler les problèmes environnementaux, plutôt que de s’attarder sur la théorie.

La seconde catégorie d’économistes écologiques relevée par Spash est celle des nouveaux économistes des ressources. Parmi ceux-ci, on retrouve les partisans de l’idée que l’EE n’est qu’une sous branche de l’économie de l’environnement et des tenants de l’économie des ressources. On peut ici ranger tous les partisans du « marché comme le meilleur moyen d’atteindre la démocratie et des sociétés libres » [32], mais également les promoteurs de solutions techniques et de nouvelles technologies qui pourraient être stimulées par l’offre et la demande. On retrouve ici les promoteurs des énergies renouvelables par le marché, qui parient sur l’idée que les prix de l’électricité d’origine éolienne ou solaire conduiront le marché, par le jeu de la main invisible, à choisir ces technologies. Ces économistes sont très portés sur la formalisation mathématique pour décrire la réalité.

Les économistes socioécologistes se distinguent des deux autres catégories par leur refus d’adhérer à l’orthodoxie économique et leurs appels à refonder l’économie en tant que discipline pour revenir à une économie politique. Ils rejettent la possibilité de mettre en œuvre des modèles prédictifs de l’économie. Leurs centres d’intérêt tournent autour des questions d’éthique, de justice sociale et d’inégalités liées aux problématiques environnementales. Ils insistent sur la nécessité de changer les structures de l’économie en profondeur. On retrouve dans ces courants des économistes hétérodoxes, postkeynésiens, marxistes, féministes, institutionnalistes…

Notons tout de même que ces catégories ne sont pas figées et que de nombreux chercheurs et travaux peuvent se situer à leur intersection. Il est évident que les liens peuvent apparaitre entre les deux premières catégories, par « la combinaison de la foi en le marché et des justifications pragmatiques appelant à la responsabilité sociale [et environnementale ndlr] des entreprises et à l’autorégulation » [33]. De même, il existe un espace entre les pragmatiques et les socioéconomistes, pouvant aboutir à des postures intermédiaires sur l’intérêt de l’évaluation monétaire selon les cas de figure ou à tempérer les revendications contre le système patriarcal et le capitalisme au profit d’approches plus activistes. Ces deux « courants » s’intéressent aux relations de pouvoir et optent pour une approche plus politique. Cette proposition de typologie a évidemment fait l’objet de critiques [34] à propos du côté normatif de la classification, et du fait qu’elle va à l’encontre du pluralisme revendiqué de l’EE.

Derrière ces distinctions se profilent la question du rapport au capitalisme et du degré d’acceptation des théories et principes qui lui sont liés, à propos par exemple de la croissance, du marché ou de la possibilité de donner une valeur monétaire à la nature. Le sujet n’est que rarement abordé frontalement en EE, sauf par des marxistes et des écosocialistes [35]. Parmi les tenants de l’EE, cette question ne fait pas consensus et permet donc de mieux saisir les divergences qui peuvent exister au sein de ce champ de recherche.

Remarquons également qu’au départ, le but de l’EE n’est pas d’expliquer que les questions politiques et sociales sont indispensables pour comprendre les problèmes environnementaux, mais de faire prendre conscience de ces problèmes − ce qui a pu conduire à adouber n’importe quel chercheur affichant des préoccupations sur la question.

Par ailleurs, cette démarcation entre néoclassiques et hétérodoxes en économie n’est pas forcément si claire pour les représentants d’autres disciplines, notamment dans les sciences de la nature. Ainsi, bon nombre de physiciens ou de biologistes qui ont rejoint les rangs de l’EE ont pu voir toute personne intéressée par l’EE comme un allié potentiel sans vraiment faire la différence entre des économistes keynésiens, néoclassiques ou marxistes.

Une autre critique adressée à l’EE concerne le manque de méthode et de paradigme unificateur communément reconnu par ses membres. Cet état de fait peut trouver des explications dans la volonté de transdisciplinarité, chaque discipline étant retranchée dans ses propres concepts, méthodes et manières de poser les problèmes. Spash précise que cette question de la méthode en EE n’a jamais été vraiment soulevée par les écologistes, certains d’entre eux affirmant même qu’elle devait simplement être ignorée [36].

Notons que cette critique pourrait être adressée à l’économie en général. Il serait là aussi difficile de trouver une méthode unanimement reconnue. Chaque courant de pensée s’inscrivant dans des traditions et une philosophie propre et pas nécessairement compatible avec les autres.

Pour conclure

L’économie écologique, constituée au cours des années 1980, est un champ de recherche relativement récent en économie. Avec une volonté affichée de transdisciplinarité, il se donne pour objectif de comprendre les interactions entre les systèmes économiques et sociaux et les écosystèmes afin de mieux cerner les causes des crises. La création d’espaces de réflexion et de recherche entre sciences sociales et sciences de la nature est donc centrale.

Les économistes écologiques se placent généralement dans une optique de soutenabilité forte, c’est-à-dire qu’ils réfléchissent à l’organisation et à la durabilité des sociétés sous la contrainte des limites imposées par la nature. À l’opposé, la plupart des économistes donnent la primauté à la croissance économique et tentent dans un second temps d’en limiter les impacts sur l’environnement (soutenabilité faible). L’EE se distingue par sa volonté d’étudier les inégalités, les questions de justice environnementale et par le fait qu’elle reconnaisse que l’on ne puisse tout mesurer par la monnaie Monnaie À l’origine une marchandise qui servait d’équivalent universel à l’échange des autres marchandises. Progressivement la monnaie est devenue une représentation de cette marchandise d’origine (or, argent, métaux précieux...) et peut même ne plus y être directement liée comme aujourd’hui. La monnaie se compose des billets de banques et des pièces, appelés monnaie fiduciaire, et de comptes bancaires, intitulés monnaie scripturale. Aux États-Unis et en Europe, les billets et les pièces ne représentent plus que 10% de la monnaie en circulation. Donc 90% de la monnaie est créée par des banques privées à travers les opérations de crédit.
(en anglais : currency)
(incommensurabilité) et que d’autres valeurs – morales, éthiques, etc. – existent.

La volonté de transdisciplinarité et l’acceptation de chercheurs de courants et disciplines variés font qu’il n’existe pas de méthodologie unifiée en EE, mais bien une pluralité d’approches. Ceci n’est pas étranger au fait que l’EE est aussi traversée par d’intenses débats sur le rapport à la technique, l’acceptation ou non de certains concepts néoclassiques, sur le recours au marché et plus largement sur l’opposition plus ou moins franche au capitalisme. De même, la question de savoir s’il faut rechercher un état stationnaire de l’économie, la décroissance ou la post-croissance sont des sujets de débat au sein de l’EE.

Finalement, bien que les méthodes et frontières de l’EE ne soient pas clairement définies et partagées, l’EE entend contribuer à répondre aux enjeux majeurs de nos sociétés que sont le défi environnemental et la possibilité pour chacun de vivre dignement dans des sociétés durables socialement. Ceci passera nécessairement par une réinvention des valeurs qui régissent nos sociétés. Nous rejoignons en ce sens l’appel lancé par plusieurs économistes écologiques [37] à refonder un nouveau paradigme économique qui pourrait s’appuyer sur une variété de propositions comme celles d’une économie décroissante, ou post-croissante, de l’écosocialisme ou encore de l’écoféminisme.


Article paru dans le Gresea Échos 105, Peut-on concilier économie et écologie ?, mars 2021.


Pour citer cet article : Romain Gelin, "Économie écologique : un nouveau paradigme économique ?", Gresea, juin 2022.


Source photo : Pxhere (CCO).

Notes

[1. Gelin, R., « L’environnement encastré dans le marché », Gresea échos N°105, pp.9-19.

[2. Carson, R. (1962), « Silent Spring ».

[3. Boulding, K. (1966), « The Economics of the Coming Spaceship Earth ».

[4. Georgescu-Roegen, N. (1971), « The entropy law and the economic process ».

[5. Røpke, I. (2005), « Trends in the development of ecological economics from the late 1980s to the early 2000s », in Ecological Economics 55, pp. 262-290.

[6. Spash, C. (2013), « The shallow or the deep ecological economics movement ? », in Ecological Economics Volume 93, September 2013, pp. 351-362.

[7. Dunlap, R. (1997). « The evolution of environmental sociology : A brief history and assessment of the American experience ». in Redclift, M. & Woodgate, G (Eds.), The international handbook of environmental sociology (pp. 21-39). Northampton, MA : Edward E., cité dans Foster, J. B. (2002). Environmental Sociology and the Environmental Revolution : A 25th Anniversary Assessment. Organization & Environment, 15(1), 55–58

[8. Røpke (2005), op.cit.

[9. Ibid.

[10. Nadeau, R. (2015), « The unfinished journey of ecological economics », in Ecological Economics 109 (2015) 101-108.

[11. Vivien F. D. (1994) Économie et écologie, La découverte., cité dans Dannequin F. & Diemer A, « La place de la biologie et de la thermodynamique dans la théorie contemporaine : l’œuvre scientifique de Nicholas Georgescù-Roegen », Colloque de l’Association André Gide, les 26 et 27 septembre 1999, Paris, (p 1 – 8).

[12. Par exemple : du pétrole brulé pour faire fonctionner un moteur ne pourra jamais redevenir du pétrole, son changement d’état, d’hydrocarbure à gaz à effet de serre ou chaleur, est dit irréversible. Globalement, la seconde loi de la thermodynamique explique que l’énergie change d’état en passant d’une forme utile (de faible entropie – comme le gaz ou le pétrole) à une forme moins utile (de forte entropie – comme de la chaleur ou du CO2) dont l’énergie ne sera pas récupérable intégralement.

[13. Dasgupta, P. et Heal, G., « The Optimal Depletion of Exhaustible Resources », in The Review of Economic Studies, Vol. 41, Symposium on the Economics of Exhaustible Resources (1974), pp. 3-28, cité dans Possoz, L. « Physique versus économie » (2014), disponible sur le site quelfutur.org.

[14. Nadeau (2015) op.cit.

[15. C’est notamment l’un des prolongements des travaux d’Ilia Prigogine, prix Nobel de chimie en 1977, pour ses travaux sur les structures dissipatives. Lire aussi : Lefèvre, V., « Faut-il postuler un ordre écologique pour expliquer la persistance des écosystèmes ? » in Jean-Claude Serge Levy & Salomon Ofman (dir.) L’avenir de la complexité et du désordre, 2018.

[16. Legrand, M. (2018). « Sommes-nous tous égaux face à la pollution de l’air ? », Alter Echos n°464.

[17. Daly, H. « The economic thought of Frederick Soddy », History of Political Economy, vol. 12, n° 4, 1980, p. 469-488.

[18. Lire par exemple : Schmitt, B. « Exploitation des ressources naturelles et échange écologique inégal : une approche globale de la dette écologique », VertigO - la revue électronique en sciences de l’environnement [En ligne], Hors-série 26 | septembre 2016 ou encore Martinez-Alier, J. (2011). « Justice environnementale et décroissance économique : l’alliance de deux mouvements ». Écologie & politique, 41(1), 125-141.

[19. Zografos, C., « Value deliberation in ecological economics » (2015), in J Martinez-Alier, J. & RM (eds), Handbook of Ecological Economics. Edward Elgar Publishing Ltd, Cheltenham, pp. 74-99.

[20. Røpke (2005), op.cit.

[21Parmi les auteurs importants en EE, on pourra citer Karl William Kapp, un économiste qui a travaillé sur les couts socio-environnementaux et le principe de précaution ou Robert Ayres qui a travaillé sur l’application de la thermodynamique à l’économie. Parmi les auteurs plus récents, on peut citer Giorgio Kallis, Clive Spash, Tim Jackson ou encore Jason Hickel.

[22Notons que Georgescu Roegen, bien qu’on lui en attribue souvent l’idée, n’a jamais employé le terme de « décroissance » dans ses travaux.

[23Daly & Kunkel, « Ecologies of scale », Interview by Benjamin Kunkel, in New Left Review 115, Jan-Feb 2019.

[24Dont Daly & Farley (2011), Ecological Economics : Principles and applications, 2d edition, Washington, Island Press.

[25Dans An introduction to Ecological Economics (1997), les auteurs écrivent dans un paragraphe consacré à la théorie néoclassique : « En effet, l’analyse néoclassique du marché est toujours un mode de pensée important en économie écologique. [...] L’EE utilise le cadre de l’économie néoclassique, mais n’est pas contrainte de n’utiliser que ce cadre, ni de se laisser guider par les visions du monde, les politiques ou les cultures des économistes du passé », p78-81. Voir aussi Costanza, R. « Could climate change capitalism ? » Nature 458, 1107–1108 (2009).

[26Drique M., « Joan Martínez Alier, L’écologisme des pauvres. Une étude des conflits environnementaux dans le monde », Les Petits matins/Inst. Veblen, 2014, p 670 p. , Revue Projet, 2015/2 (N° 345), pp. 90-91.

[27. Spash, C., (1999), « The development of environmental thinking in economics », in Environment values 8, 413-435.

[28. Spash (2013), op.cit.

[29. Spash,C. (2020), « A tale of three paradigms : realising the revolutionary potential of ecological economics », in Ecological Economics 169.

[30. Spash (2013), op.cit.

[31. UNEP (2011). « Restoring the natural foundation to sustain a Green Economy : A centurylong journey for ecosystem management ». International Ecosystem Management Partnership (IEMP) Policy Brief. Nairobi, cité dans Spash, « Green Economy, Red Herring » in Environmental Values, Volume 21, Number 2, May 2012, pp. 95-99(5).

[32. Spash (2013), op cit.

[33. Spash (2013), ibid.

[34. Levrel H. & Martinet V. (2021), « Ecological Economics, The Good, The Bad and the Ugly ? » in Ecological Economics, Vol. 179.

[35. Lire Tanuro, D., « L’écologie de Marx. Un chantier inachevé, une invitation à l’approfondissement », Gresea échos N°105. Lire aussi Lievens, M., (2010), « Toward an eco-marxism », Radical philosophy review. 2010, Vol 13, Num 1, pp 1-17.

[36. Norgaard, R.B., (1989). « The case for methodological pluralism ». Ecological Economics 1,37–57, cité dans Spash (2013), op.cit.

[37. Gowdy, J.M., Erickson, J.D.,( 2005). « The approach of ecological economics ». Cambridge Journal of Economics 29, 207–222. & Spash (2020) op.cit.