L’économie ne manque pas parfois d’être magique. Deux plus deux font cinq ? A la Bourse, on ne criera pas au cancre. Voir le cas de Fiat. Pour regonfler son image boursière, le constructeur automobile italien a décidé en janvier 2011 de sortir sa baguette magique. Il a scindé ses activités "utilitaires" et "automobiles" pour les introduire en Bourse sous la forme de deux sociétés distinctes. Résultat : la somme des parties excède de sept milliards d’euros la valeur attribuée auparavant au tout. Ce petit jeu spéculatif a le vent en poupe. Au même moment, le géant industriel américain ITT annonce la scission du groupe en trois sociétés, une pour les techniques de pointe dans l’énergie, l’aéronautique et l’automobile, une autre pour le business du traitement de l’eau et une troisième pour l’équipement guerrier. La Bourse, à Wall Street, a salué cela en faisant bondir le titre ITT de 18%. Carrefour y réfléchit aussi. C’est un vieux projet, caressé depuis 2007 : la mise en bourse de son parc immobilier. L’opération pourrait conduire à revaloriser la somme des parties de Carrefour à hauteur de 30 milliards d’euros, soit 6 milliards de plus que sa valeur actuelle. Là, cependant, le pari table sur un marché immobilier qui se redresse. La probabilité demeure fragile.

Source : Financial Times du 7 janvier 2011 et du 7 février 2011, Les Echos du 13 janvier 2011.