En Angleterre, les organismes de certification de l’agriculture biologique subissent la pression des supermarchés. Logique. En Grande-Bretagne, comme ailleurs en Occident, le marché du bio explose. Et les producteurs biologiques britanniques ne parviennent plus à répondre à la demande. Pour satisfaire leur clientèle, des supermarchés, comme Tesco, sont contraints d’importer jusqu’à 70% des produits labellisés. D’où cette trouvaille, de surcroît moins onéreuse : alléger les conditions d’obtention du label bio... Selon Lawrence Woodward, ancien président du comité pour les standards de la Soil Association (principale association de certification bio en Grande-Bretagne), les pressions de la grande distribution sur les organismes de certification ont ainsi eu pour effet de multiplier les dérogations permettant à des exploitations "quasi industrielles" de devenir des fermes biologiques. Voir le cas, en Angleterre, du saumon d’élevage, classé "bio", ou encore des poules : elles sont "bio" dès lors qu’elles proviennent d’un élevage de moins de 2000 têtes alors que, pourtant, la Soil Association conseille d’en limiter le nombre à 500. Les chaînes de supermarchés ne se cachent pas vraiment de leurs activités de lobbying. Ainsi, Sir Terry Leahy, le directeur général de Tesco, la première chaîne de supermarchés en Grande-Bretagne, a appelé le mouvement biologique britannique à devenir plus "professionnel" (lisez : plus rentable).

Source : Alter Business n°122 du 31 octobre 2006.