Depuis plusieurs années, Arcelor Mittal surfe sur la vague d’une économie mondiale gourmande en acier, particulièrement dans les pays émergents. La stratégie du sidérurgiste est d’intégrer l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement au sein d’un même réseau, le sien. Des mines à la tôle, depuis quelque temps, le groupe Mittal s’offre les matières premières dont il a besoin. En Ukraine, il s’essaye même à l’agroalimentaire… La crise financière et économique va cependant venir perturber cette logique d’intégration. La demande mondiale d’acier diminue et son prix chute. Dans un contexte déprimé, Arcelor Mittal se serait trop diversifié. En réaction, depuis quelques mois, la multinationale? décide de mettre à l’arrêt certaines unités de production et de dégraisser. En Belgique, près de Charleroi, Industeel Belgium, propriété d’Arcelor Mittal, vient ce mardi 6 janvier 2009 de rebrancher son four après plusieurs semaines d’arrêt. L’entreprise ne fonctionnera néanmoins qu’à 70% de ses capacités au premier trimestre 2009. L’ancienne Fabrique de fer (FAFER) employait encore fin novembre quelques 1.200 personnes. Compte tenu des exigences de l’actionnaire indien, le directeur du site prévient : "Nous ne serons plus qu’un petit millier en mars prochain". La "mise en conformité" de cette unité du premier sidérurgiste mondial aux exigences du marché a été annoncée en conseil d’entreprise un peu avant Noël. Une réunion où, paradoxe, la direction du site divulguait dans le même temps des résultats 2008 atteignant des sommets pour la seconde année consécutive. Ainsi, durant l’année écoulée, Industeel Belgium a expédié 250.000 tonnes de tôles aux quatre coins du monde et réalisé un résultat d’exploitation de 120 millions d’euros. En retour, certains se chercheront bientôt un emploi. Merci, patron ?

Source : L’Echo du 6 janvier 2009.