L’histoire commence à l’été 2012. Third Point, un fonds? spéculatif américain, achète pour plusieurs centaines de millions de dollars de titres de dette publique? grecque. Entre mars 2012, date de la restructuration d’une partie de la dette hellénique (effacement de 107 milliards sur 200 milliards d’euros détenus par des opérateurs privés), et l’été 2012, les prix de ces titres ont connu une baisse considérable. A ce moment, les investisseurs rechignent à les acheter, n’étant pas certains d’être remboursés en cas d’un défaut de paiement de l’État grec. Les prix sont donc tombés à 17 centimes durant l’été 2012. Une belle occasion de détenir de la dette d’un État européen pour une somme ridicule, juge le Wall Street Journal. Et une aubaine pour des fonds? spéculatifs tels Greylock Capital Management, Fir Tree Partners ou Third Point dirigé par le milliardaire Dan Loeb. Ce dernier saisit l’opportunité, prenant position sur des centaines de millions de dollars de dette publique? - en faisant le pari que la Grèce ne sortirait pas de la zone euro avant un bon moment. Pari payant quelques mois plus tard quand la Grèce, le 18 décembre 2012, décide de racheter une partie de sa dette auprès de ses créanciers privés au prix de 34 centimes d’euros par titre. Cette opération se traduit par 500 millions de dollars (environ 370 millions d’euros) de plus-value? au fonds? spéculatif. Third Point a tout de même conservé des positions sur la dette grecque, les analystes anticipant une hausse possible des titres jusqu’à 40 centimes, selon le Financial Times. Le "hedge fund" de Dan Loeb, qui gère 10 milliards de dollars d’actifs a permis à ses clients de réaliser un retour sur investissement de 20% cette année, quand l’industrie des fonds? spéculatifs qui pèse dans son ensemble 2 billions de dollars (deux mille milliards) réalise un retour sur investissement de 4,9% en moyenne.

Sources : Wall Steet Journal du 23 octobre 2012 et Financial Times du 19 décembre 2012.