Sommet OMC : l’enjeu Sud


Lundi 5 décembre 2011, Erik Rydberg, 2173 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Les 153 États membres de l’Organisation mondiale du commerce Organisation mondiale du Commerce Ou OMC : Institution créée le 1er janvier 1995 pour favoriser le libre-échange et y ériger les règles fondamentales, en se substituant au GATT. Par rapport au GATT, elle élargit les accords de liberté à des domaines non traités à ce niveau jusqu’alors comme l’agriculture, les services, la propriété intellectuelle, les investissements liés au commerce… En outre, elle établit un tribunal, l’organe des règlements des différends, permettant à un pays qui se sent lésé par les pratiques commerciales d’un autre de déposer plainte contre celui-ci, puis de prendre des sanctions de représailles si son cas est reconnu valable. Il y a actuellement 157 membres (en comptant l’Union européenne) et 26 États observateurs susceptibles d’entrer dans l’association dans les prochaines années.
(En anglais : World Trade Organization, WTO)
se sont donné rendez-vous pour un nouveau sommet ce 15 décembre 2011. Il n’y en a plus eu depuis 2005. C’est dire que cela patine. La grande fête de la libéralisation Libéralisation Action qui consiste à ouvrir un marché à la concurrence d’autres acteurs (étrangers ou autres) autrefois interdits d’accès à ce secteur. tous azimuts de l’économie mondiale, sa marchandisation conquérante, d’évidence, fait moins qu’avant l’objet d’un enthousiasme partagé. Le ministre européen du Commerce, le Belge Karel De Gucht (droite néolibérale) s’en désole : les mesures protectionnistes prises à titre transitoire dans le feu de la crise, confie-t-il au Financial Times (29 novembre 2011), n’ont pas été défaites avec assez d’entrain, 17% d’entre elles sont toujours en place et, pire, on assisterait actuellement à une deuxième vague de mesures protectionnistes, à caractère structurel cette fois. Dans un dossier publié le 12 octobre 2011 sous le titre "Un vent de protectionnisme souffle sur la planète", La Tribune ne lui donne pas tort. Exemple que la Russie qui impose aux investisseurs étrangers un "contenu local", c’est-à-dire des retombées pour le tissu productif national. Exemple que l’Argentine qui exige des industriels opérant sur son territoire de ne pas exporter plus qu’ils n’importent. Exemples encore que la Chine ou le Brésil qui insistent, textes contraignants à l’appui, sur un transfert technologique de sorte que l’investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
étranger contribue à l’essor du pays hôte. Il y a sans doute lieu d’y regarder à deux fois. On parle souvent de la responsabilité "sociale" des entreprises lorsqu’elles opèrent dans le Tiers-monde, et les ONG ne sont pas les dernières à demander que des clauses garantissent le respect des normes sociales par les sociétés transnationales, et ce sous tous les cieux – mais, donc, il y a aussi leur responsabilité économique, dont ne se préoccupent jusqu’ici que les États du Sud et qu’on dénonce, dans les capitales occidentales, comme relevant du protectionnisme. Il y a là comme un angle mort, une asymétrie dans le raisonnement de solidarité entre les peuples. Un mieux social suppose un mieux économique.