Gresea Echos n°66, 2-2011

L’Internationale des super-riches ; Citoyenneté de l’argent, Loi de la minorité


Mercredi 22 juin 2011, Erik Rydberg, Henri Houben, 5187 signes.

Numéro consultable en ligne : https://issuu.com/gresea/docs/ge66reduit

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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Histoires de super-riches : Tout le monde n’a pas le plaisir de connaître Henri Houben. C’est un homme d’étude. Il poursuit une tradition qui se perd. Ne pas prendre des vessies pour des lanternes, toujours aller aux sources et vérifier par soi-même. Patiemment éplucher les données brutes et, quand l’aube arrive, dire ce qu’il en est.
Ce n’est pas dans le goût du jour où on veut tout, tout de suite : Internet est là pour cela, avec son prémâché, ses vérités qui font plaisir.
Houben, comme disait de lui-même Jan Myrdal, un autre spécimen de l’éducation populaire en voie de disparition, peut être ainsi qualifié : il est « provisoirement un dissident de la pensée ». Le mot clé, c’est « provisoirement » car il n’y a de dissidence qu’en rapport avec une époque donnée.

Dans les pages qui suivent, Houben épluche les données du club des super-riches, la petite famille des grandes fortunes.

Au plan mondial, ils ne sont pas très nombreux. Il s’agit d’une population qui tient sans peine sur un terrain de foot. Un énième recensement, effectué par Forbes et la banque française Société Générale, se penche sur 1.200 grandes fortunes disposant au moins d’un milliard de dollars. Âge moyen en France : 74 ans. Sur le terrain de foot, ils ne feront pas des acrobaties. Ils n’ont pas dû en faire beaucoup, non plus, en France, pour devenir milliardaires : 67% des heureux élus ont reçu leur carte de membre par héritage. Merci, papa.

Et puis, amusant, car la carte mondiale des super-riches qui accompagne ce haut fait de presse (Les Échos, 26 mai 2011) indique qu’il y en a autant aux États-Unis (400) qu’il y en a en Chine (400 aussi, au poil près), et que l’Inde est, avec 100 milliardaires, le n°3 du classement. Il faut lire les très petites lettres de la légende pour apprendre qu’on a utilisé pour ce faire des seuils différents : il ne fallait que 500 millions de dollars pour être milliardaire en Inde, et 425 en Chine. La « science » est toujours un peu idéologique.

Les super-riches, aussi. C’est vrai aussi dans la Coopération au Développement. Récemment, sous le titre « L’émergence de l’aide privée interpelle la Coopération », l’organe suisse de l’aide aux pays du Sud (Un seul monde, n°2, juin 2011) relevait que les 25 milliardaires de 1991 sont devenus 1.011 en 2010 – et que leurs fondations caritatives, « profitant des allègements fiscaux consentis à ce type d’institution », ne cessent de se multiplier. Avec une puissance de feu politique à laquelle peu d’États peuvent prétendre.

Un Bill Gates, par exemple. Sa fondation débourse chaque année environ trois milliards de dollars pour des projets de « coopération ». Là, bien sûr, on s’interroge : coopération entre qui et qui ? Un seul homme, cela peut faire combien de voix dans la décision politique ? Vous avez dit privatisation de la démocratie, des choix collectifs ?

Sans doute touche-t-on là au problème essentiel.

Car ce qui fait problème, ce n’est pas tant qu’ils sont gigantesquement riches, ni qu’ils touchent de mirifiques "bonus" et autres "stock options", ni qu’ils ont les bobos qui vont avec, des artères encrassés par trop d’excès gastronomiques, des mains fragiles de ne jamais avoir été plongés dans le cambouis, des fréquentations factices et imbéciles, et puis le stress, le psy, le Blackberry qui couine à toute heure… Tout cela, pour le dire crûment, on s’en fout.

Ce qui fait problème est de deux ordres. D’abord, la conjonction entre cette concentration de richesses phénoménales et le dénuement croissant d’une majorité de l’humanité. Le fossé des inégalités, entre pays du Nord et pays du Sud, et à l’intérieur de tous les pays, qu’ils soient du Nord ou du Sud, peut ou doit (à chacun de se forger une opinion là-dessus) soulever la question suivante : la richesse des uns n’est-elle pas la cause de la pauvreté des autres ?

Là-dessus, et c’est lié, il y a l’association intime entre pouvoir et argent. Plus on est riche, plus on a du pouvoir. Ce qui fait problème ici, c’est la question de la démocratie. La citoyenneté de l’argent, c’est la loi de la minorité. A méditer…

Erik Rydberg

L’Internationale des super-riches ; Citoyenneté de l’argent, Loi de la minorité

Étude réalisée par Henri Houben

Sommaire :

  • Edito/Histoire de super-riches/Erik Rydberg
  • Qui sont les riches et pourquoi s’y intéresser ?
  • Portrait de famille
  • Le “World Wealth Report” : Big est Beautiful
  • Le modèle américain : 1% au top, 90% en bas
  • Un impôt sur la fortune ?
  • Cela nuit gravement à la santé ?
  • Pour en savoir plus/Marc François
  • A lire

 


 

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