La grippe aviaire, c’est un triangle des Bermudes ?


Newsflash n°3

Jeudi 12 février 2004, GRESEA ASBL, 2163 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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En cherchant à comprendre la signification de l’épidémie de grippe aviaire, dans ses conséquences pour lui-même et pour ce triste monde où il doit bien vivre, l’honnête homme ne peut qu’éprouver désarroi et inquiétudes, tant la presse, cantonnée dans des analyses sanitaires ou médicales, ne lui donne guère de prise sur l’événement. Qu’est-ce qui explique, ainsi, que la Thaïlande soit le quatrième plus grand exportateur de poulet industriel - " processed chicken " - au monde (540.000 tonnes en 2003 pour une valeur d’un milliard d’euros) et l’Europe son deuxième client (166.000 tonnes, soit 30% des exportations) [Le Figaro, 23 janvier], l’endettement et le désespoir actuel des petits producteurs ne devant pas masquer le caractère industriel du business, puisque une société comme la Charoen Pokhand Foods Ltd. assurait à elle seule près d’un dixième des exportations thaïlandaises ? Du poulet thaïlandais dans nos assiettes : quelle rationalité économique ? C’est ensuite les questions sur la nature réelle du risque, sachant que les importations sont bloquées depuis le 23 janvier mais que l’épidémie, elle, a éclaté en novembre, voire en juin, juillet 2003 [Financial Times, 29 janvier]. Que sont devenues les 166.000 tonnes de 2003, qui ont provoqué cet aveu isolé : " on ignore encore quelle part cela représente dans la consommation européenne de volaille ", étant entendu, en outre, qu’il est " aussi difficile d’évaluer combien de tonnes de poulets thaïlandais sont consommés en Belgique " [La Libre, 24 janvier], dont les ports accueillent environ 870 tonnes par an ? On l’ignore mais on sait qu’il s’agit d’aliments, arrivés congelés en conteneurs, destinés à être " dénaturés, déstructurés, recompactés, colorés et travestis " [Monde diplomatique, décembre 2003] et, par exemple, dans ces McNuggets, où une viande moulue d’origine incertaine se trouve resculptée pour donner, cocktail chimique aidant, l’illusion d’un morceau de poulet [De Morgen, 31 janvier]. Voilà qui ressemble à une impossible traçabilité. Ce n’est pas très rassurant.