Culotté : l’ami Lamy l’a mis à l’envers


Newsflash n°5

Samedi 6 mars 2004, GRESEA ASBL, 1491 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La circulation de l’information est chose curieuse parfois. Voici peu, il y a un mois, l’affaire avait fait la une du Financial Times [6 février 2004], où on la jugea assez importante pour faire l’objet, quelques jours plus tard, d’un éditorial assassin [10 février] qui donnera à son tour lieu à diverses réactions dans les milieux antimondialistes anglosaxons. Oui, mais seulement là. Car dans le monde et la presse francophones, dans Le Soir, dans La Libre Belgique, dans Le Monde, pas une ligne, rien, silence radio. Bizarre, bizarre. De quoi s’agit-il ? Le fait étonnant que voici : les services du commissaire européen Pascal Lamy, héraut de la libre concurrence néolibérale, ont produit, avec la bénédiction de leur patron, un document de discussion envisageant la possibilité pour les Etats-membres de l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
d’interdire les importations qui ne rencontreraient pas leurs " préférences collectives ". Textuel. C’est le monde à l’envers. Lamy et son homologue américain Zoellick ne cessent d’harceler le Tiers-monde afin qu’ils éliminent toute contrainte au commerce mondial et voilà que le premier en invente une nouvelle : les " préférences collectives "... Et pourquoi non ? On peut imaginer que les McDo n’entrent pas dans les préférences du Tiers-monde, ni le FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
, ni la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
, ni la mainmise de la haute finance, ni les ajustements structurels, ni CNN, ni les forces d’intervention rapide, ni, ni, ni...