Un monde plus sûr : les voeux du paléontologue


Newsflash n°10

Lundi 3 janvier 2005, GRESEA ASBL, 2274 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’année 2004 s’est achevée avec le rapport du "Groupe de personnalités de haut niveau" mis en place par Kofi Annan pour reconsidérer les Nations Unies. L’année 2005 s’ouvrira, le 30 janvier prochain, avec les élections organisées par le gouvernement fantoche irakien dirigé par les États-Unis, qui fournit l’encadrement, 150.000 soldats. C’est lié. Le rapport onusien, dont la rédaction a été provoquée par l’invasion illégale de l’Irak (Annan l’a qualifiée ainsi, avec un courage dont peu de chefs d’Etat européens peuvent se prévaloir), propose d’entériner le point de vue américain, à savoir que l’usage de la force serait acceptable non plus en fonction de sa légalité (principe fondateur des Nations Unies), mais de sa légitimité, concept équivoque dont la définition reposera uniquement sur un rapport de forces : la loi "éthique" de la jungle, si on préfère. C’est un glissement qui d’évidence risque de porter atteinte à la libre autodétermination démocratique de tous les peuples, surtout celle des petites nations, et qui représente donc dans les années à venir un des enjeux majeurs ; c’est celui, que le CNCD (Centre national de Coopération au développement) a avec prescience jugé prioritaire, de la lutte des peuples pour leur droit au développement. Que vient faire ici le paléontologue ? On y vient. Dans son bel ouvrage sur les origines de l’humanité, The Ancestor’s Tale (2004), Richard Dawkins rappelle avec élégance que nous n’avons guère dépassé le stade de la Révolution agricole (-10.000 ans) du point économique (surplus alimentaire, concentration urbaine et embouteillages), ni, du point de vue culturel, les artistes des grottes de Lascaux (-40.000 ans). Mais, surtout, dans un livre qui fera autorité longtemps après que tout le monde aura oublié Bush ou Verhofstadt, il signale, pour la postérité, que les reliques irremplaçables du berceau de la civilisation ont été vandalisées en 2003 dans le Musée de Bagdad "sous les regards indifférents des envahisseurs américains qui donnèrent au lieu la priorité à la protection du Ministère du Pétrole". Puissent tous les médias en 2005 suivre son exemple et nommer les soldats américains par leur nom, des envahisseurs et des occupants.