L’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
de l’indien Mittal Steel, le 27 janvier 2006, sur Arcelor à 18,6 milliards d’euros, dont les 3/4 en actions Mittal (soit à un prix 55% supérieur au cours moyen de l’action Action Part de capital d’une entreprise. Le revenu en est le dividende. Pour les sociétés cotées en Bourse, l’action a également un cours qui dépend de l’offre et de la demande de cette action à ce moment-là et qui peut être différent de la valeur nominale au moment où l’action a été émise.
(en anglais : share ou equity)
Arcelor sur les douze derniers mois), ne manque pas d’être instructive. Par la vulnérabilité d’Arcelor, d’abord, qui, à l’instar de la plupart des "champions" industriels européens, n’a qu’une faible prise sur son propre destin : plus de 80% de son actionnariat "flotte" en bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
, propriétaire inconnu (et peu européen : 60% du "flottant" seulement), alors que Mittal Steel, de son côté, est affaire et propriété familiales à 88% (le contrôle resterait confortable après fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
avec Arcelor : 57%).

Instructive par le parcours de Mr Laksmi Mittal, ensuite, parti de rien ou presque (papa a aidé) pour devenir, en 2004, le "raja de l’acier", l’homme de l’année du Wall Street Journal et la 3e fortune mondiale, tout cela après avoir gobé une série d’aciéries sur le déclin, dont des canards boiteux en Europe de l’Est (avec l’appui financier de la Banque européenne de reconstruction et de développement, la Berd) et dont, aussi, au bord de la faillite, l’International Steel Group américaine, pour une bouchée de pain, grâce au spéculateur Wilbur L. Ross, remercié par un strapontin au conseil d’administration de Mittal.

Instructif, enfin, par les réactions contre l’OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
de Mittal dans le landerneau politique (France, Luxembourg, Espagne), réactions jugées "protectionnistes" par la Commission européenne, voire encore, en Inde, "racistes", d’aucuns soulignant que Mittal, avec son double ancrage anglais et néerlandais, n’est pas moins européen (lire : sympathique) qu’Arcelor, ce qui est rigolo, car aucun Européen ne siège dans le conseil d’administration de Mittal et, à chacune de ses acquisitions, l’équipe de choc que Mittal dépêche sur les lieux pour "remonter" les usines achetées vient presque exclusivement de l’Inde. Plus piquant, dans ce contexte, est le consensus des élites qui s’est ensuite dessiné pour affirmer que, en fin de compte, il appartient, non pas au politique, mais aux investisseurs et aux actionnaires (en bon français : les spéculateurs) de trancher la question. Et personne, ou presque, en cette époque "participationniste", pour suggérer que les 269.000 travailleurs et travailleuses de Mittal (175.000) et d’Arcelor (95.000) pourraient aussi avoir leur mot à dire : on sait que Mittal prévoit des économies d’échelle de l’ordre d’un milliard de dollars...

Une note strictement économique pour finir : il ne faudrait pas que, dans le débat sur la filière acier, l’arbre cache la forêt : si la fusion Fusion Opération consistant à mettre ensemble deux firmes de sorte qu’elles n’en forment plus qu’une.
(en anglais : merger)
Sud-Nord Mittal-Arcelor doit avoir lieu (alliage d’un acier bas de gamme avec un acier haut de gamme, nota bene), la part de marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
mondial du nouveau "champion" ne serait que d’environ 12%, c’est-à-dire très peu comparé au quasi-monopole qu’exercent les producteurs de minerai de fer, qui ont la maîtrise des fluctuations des prix des matières premières. A méditer...

Sources : Financial Times (28/1 et 11/2/2006),
The Independent (29/1/2006),
Canard Enchaîné (1/2/2006),
Monde (5/2/2006) et
La Tribune (7/2/2006).