Les biocarburants "tuent" les orangs-outans...


Newsflash n°22

Lundi 22 janvier 2007, GRESEA ASBL, 2232 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Diminution des réserves pétrolières, réchauffement climatique : la solution paraît toute donnée, le messie se nomme biocarburants. La croyance quasi "magique" que le remplacement des énergies fossiles par des carburants verts permettrait de maintenir notre niveau de consommation énergétique tout en préservant la planète, est un credo qui a de plus en plus de plomb dans l’aile. C’est qu’on a omis un paramètre. Entre le champ du paysan et nos stations d’essence, il y a un système capitaliste mondial dominé par quelques multinationales. Qui détournent la "bonne idée" vers un objectif de profitabilité. Résultat : les biocarburants risquent bien d’être une catastrophe écologique. Un exemple parmi d’autres, les orangs-outans d’Indonésie. Ce grand singe est, depuis une vingtaine d’années, menacé par une déforestation à outrance. Au départ, 300.000 orangs-outans peuplaient les forêts du sud-est asiatique. Aujourd’hui, 50.000 d’entre eux survivent encore sur les îles de Borneo et Sumatra. En 20 ans, 80% de leur habitat a été détruit. L’extinction de l’espèce est probable dans les 10 à 20 prochaines années. C’est que la déforestation a connu un "boom" avec l’explosion de la demande internationale en huile de palme : un marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
"bio" devenu très profitable. 10% des produits sur les rayonnages de nos supermarchés sont à base d’huile de palme. Il y a plus dangereux. L’oléagineux, dont l’Indonésie et la Malaisie sont les plus gros producteurs, permet la production à haut rendement de carburant vert. Conscient du danger, le gouvernement indonésien pousse les multinationales à développer leurs palmeraies sur des terres "déjà" arables. Las ! Elles préfèrent la déforestation tous azimuts et son double dividende Dividende Revenu de la part de capital appelé action. Il est versé généralement en fonction du bénéfice réalisé par l’entreprise.
(en anglais : dividend)
 : vente de bois et production d’huile de palme pour les carburants verts. C’est une pierre, deux coups... sauf pour les orangs-outangs.

Source : The Independent du 17 septembre 2006. Pour une analyse générale et critique des biocarburants,
voir le site de Georges Monbiot :http://www.monbiot.com/archives/2005/12/06/worse-than-fossil-fuel/