Bulle financière dans le rétroviseur


Newsflash n°31

Lundi 27 août 2007, GRESEA ASBL, 2217 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Pendant près de deux semaines, en août, le suspense aura été intense. Places financières mondiales en chute libre. Des centaines de milliards d’euros d’argent frais injectés par la main divine de la Banque centrale Banque centrale Organe bancaire, qui peut être public, privé ou mixte et qui organise trois missions essentiellement : il gère la politique monétaire d’un pays (parfois seul, parfois sous l’autorité du ministère des Finances) ; il administre les réserves d’or et de devises du pays ; et il est le prêteur en dernier ressort pour les banques commerciales. Pour les États-Unis, la banque centrale est la Federal Reserve (ou FED) ; pour la zone euro, c’est la Banque centrale européenne (ou BCE).
(en anglais : central bank ou reserve bank ou encore monetary authority).
européenne (l’argent pousse sur les arbres !) dans un système bancaire tétanisé par le risque de faire de mauvaises opérations, plus personne n’ose faire confiance à personne. Au passage, révélation : une banque aussi solide que la BNP Paribas a, elle aussi, comme tant d’autres, d’Allemagne jusqu’en Australie, joué à la roulette russe en investissant dans la bulle du crédit immobilier américain à risque. La parenthèse s’est refermée, provisoirement, lorsque la Fed, la banque centrale Banque centrale Organe bancaire, qui peut être public, privé ou mixte et qui organise trois missions essentiellement : il gère la politique monétaire d’un pays (parfois seul, parfois sous l’autorité du ministère des Finances) ; il administre les réserves d’or et de devises du pays ; et il est le prêteur en dernier ressort pour les banques commerciales. Pour les États-Unis, la banque centrale est la Federal Reserve (ou FED) ; pour la zone euro, c’est la Banque centrale européenne (ou BCE).
(en anglais : central bank ou reserve bank ou encore monetary authority).
américaine, a rouvert les robinets de l’argent facile : les spéculateurs ont pu souffler, c’est reparti pour un tour. De longue durée ? Le chroniqueur et économiste américain Paul Krugman a eu ce mot rafraîchissant : "Je ne compterais pas là-dessus." [Int’l Herald Tribune, 11 août 2007]. C’est que les "fondamentaux" demeurent radicalement disjonctés, comme Le Canard Enchaîné [15 août 2007] l’a bien résumé : les marchés financiers exigent des entreprises une rentabilité de 15%, le système bancaire suit le mouvement en augmentant la masse monétaire (via des crédits) à même proportion, tandis que le PIB PIB Produit intérieur brut : richesse marchande créée durant une période déterminée (souvent un an) sur un territoire précisé (généralement un pays ; mais, en additionnant le PIB de tous les pays, on obtient le PIB mondial).
(en anglais : Gross Domestic Product ou GDP)
mondial, lui, ne croît en moyenne que de 5% par an : sur la durée, c’est forcément intenable. Que dit l’historien à ce sujet ? Ecoutons Eric Hobsbawm : "Ce qui s’est passé, comme si souvent lors de booms du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
libre, c’est que, les salaires étant à la traîne, les profits ont crû de manière disproportionnée et les gens prospères ont reçu une plus large part du gâteau national. Comme la demande collective n’est pas en mesure de suivre les gains rapides de productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
(...), surproduction Surproduction Situation où la production excède la consommation ou encore où les capacités de production dépassent largement ce qui peut être acheté par les consommateurs ou clients (on parle alors aussi de surcapacités).
(en anglais : overproduction)
et spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
en seront le résultat. Ceci, à son tour, déclenchera le krach Krach Effondrement subi d’une ou plusieurs places boursières à la suite d’une bulle financière. Il suscite souvent, chez les investisseurs, des conduites de panique qui amplifient cette situation de crise sur l’ensemble des marchés internationaux. L’exemple type du krach est celui qui affligea la bourse de Wall Street en 1929.
(En anglais : stock market crash)
." [Age of Extremes, Hobsbawm, 1994, éditions Abacus, 1997, p. 100]. Là, il parlait de la Grande Crise, celle des années trente. Mais, surproduction Surproduction Situation où la production excède la consommation ou encore où les capacités de production dépassent largement ce qui peut être acheté par les consommateurs ou clients (on parle alors aussi de surcapacités).
(en anglais : overproduction)
, spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
, salaires comprimés, profits galopants et inégalités croissantes : il y a là plus qu’un air de ressemblance...