Le FMI en débat ? Commençons par le dollar


Newsflash n°32

Vendredi 7 septembre 2007, GRESEA ASBL, 2731 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le remplacement du directeur général du Fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
monétaire international, et la règle non écrite et non démocratique voulant que le poste revienne d’office à un Européen, ont relancé le débat sur ce gendarme néolibéral de l’architecture financière internationale. Voir l’appel de Damien Millet et Eric Toussaint, réclamant sa refonte radicale ["Pour un autre FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
" – Les Echos, 31 août 2007].
On jugera au moins aussi pertinentes, sinon plus, les interventions de Moscou. Non content de contester la candidature du Français Dominique Strauss-Kahn, un ex-ministre étiqueté socialiste qui a confessé, par acte de foi, "croire dans les marchés libres" [Wall Street Journal, 30 juillet 2007], en lui opposant celle d’un gouverneur de banque centrale Banque centrale Organe bancaire, qui peut être public, privé ou mixte et qui organise trois missions essentiellement : il gère la politique monétaire d’un pays (parfois seul, parfois sous l’autorité du ministère des Finances) ; il administre les réserves d’or et de devises du pays ; et il est le prêteur en dernier ressort pour les banques commerciales. Pour les États-Unis, la banque centrale est la Federal Reserve (ou FED) ; pour la zone euro, c’est la Banque centrale européenne (ou BCE).
(en anglais : central bank ou reserve bank ou encore monetary authority).
de l’ère soviétique, le Tchèque Josef Tosovsky, Moscou en a appelé, par la voix de Poutine au Forum économique de Saint-Pétersbourg en juin 2007, à la mise en place d’un "nouvelle architecture financière internationale", un mot d’ordre qui n’est pas sans rappeler le "nouvel ordre économique international Nouvel ordre économique international Ou NOEI : Programme exigé par le mouvement des pays non alignés et signé en 1974 à l’ONU sous la forme d’une charte en vue de combler l’écart entre les États Industrialisés et le Tiers-monde : stabilisation des prix des matières premières et amélioration des termes d’échange, renforcement de la coopération au développement, augmentation de la part du Tiers-monde dans la production mondiale et le commerce international...
(En anglais : New International Economic Order, NIEO)
" revendiqué dans les années soixante par le Tiers-monde. Venant de Moscou, ce ne sont pas que des mots.
On en veut pour preuve l’inquiétude sourde qu’ils suscitent à Washington, bien traduite par l’économiste américaine Judy Shelton. Pour elle, l’intervention de Moscou n’est rien moins que – textuel – "un défi à la suprématie des Etats-Unis dans les marchés financiers mondiaux" [Wall Street Journal, 31 août 2007]. Un défi, nota bene, suivi d’actes. Shelton en livre des signes. C’est la volonté de Moscou de créer à la Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
de Saint-Pétersbourg un dispositif en vue de vendre son gaz et son pétrole non plus en dollars, mais en roubles. C’est aussi le Japon, qui vient d’accepter de payer le pétrole iranien non plus en dollars, mais en yens. C’est enfin la Chine qui menace de larguer une partie de son immense stock Stock Sous sa forme économique, c’est l’ensemble des avoirs (moins les dettes) d’un acteur économique à un moment donné (par exemple, le 31 décembre 2007). Ce qui sort ou qui entre durant deux dates est un flux. Le stock dans son sens économique s’oppose donc au flux. Sous son interprétation comptable, le stock est l’ensemble des marchandises achetées qui n’ont pas encore été produites ou dont la fabrication n’a pas été achevée lors de la clôture du bilan ou encore qui ont été réalisées mais pas encore vendues.
(en anglais : stock ou inventory pour la notion comptable).
en dollars.
C’est intéressant. Intéressant car cela met en évidence une position "suprémaciste" du dollar que rien ne justifie du point de vue économique : pourquoi le coton africain, l’Airbus européen ou le pétrole français se vendent-ils en dollars, pourquoi cette devise faiblarde dominait-elle encore en 2005, à hauteur de 64%, les réserves de change mondiales [Le Figaro, 5 août 2005], sinon pour des raisons militaires et politiques ? Voilà qui mérite débat public. Et intéressant, bis, car d’évidence il n’y aura de réforme du FMI FMI Fonds Monétaire International : Institution intergouvernementale, créée en 1944 à la conférence de Bretton Woods et chargée initialement de surveiller l’évolution des comptes extérieurs des pays pour éviter qu’ils ne dévaluent (dans un système de taux de change fixes). Avec le changement de système (taux de change flexibles) et la crise économique, le FMI s’est petit à petit changé en prêteur en dernier ressort des États endettés et en sauveur des réserves des banques centrales. Il a commencé à intervenir essentiellement dans les pays du Tiers-monde pour leur imposer des plans d’ajustement structurel extrêmement sévères, impliquant généralement une dévaluation drastique de la monnaie, une réduction des dépenses publiques notamment dans les domaines de l’enseignement et de la santé, des baisses de salaire et d’allocations en tous genres. Le FMI compte 188 États membres. Mais chaque gouvernement a un droit de vote selon son apport de capital, comme dans une société par actions. Les décisions sont prises à une majorité de 85% et Washington dispose d’une part d’environ 17%, ce qui lui donne de facto un droit de veto. Selon un accord datant de l’après-guerre, le secrétaire général du FMI est automatiquement un Européen.
(En anglais : International Monetary Fund, IMF)
sans une "réforme" (une décolonisation ?) de son socle : le dollar, sa position dominante dans les relations internationales. Les actes, en général, pèsent plus lourd que les mots. Mais, là, il faut voir clair dans les déterminants économiques.