Il est piquant d’entendre Dominique Strauss-Kahn, le patron du Fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
monétaire international, une entreprise faillie, s’inquiéter de la flambée mondiale du prix des aliments de base et, du haut de cette tribune branlante, prodiguer des conseils de bonne gouvernance aux gouvernements. Piquant et prévisible. Plus une crise est aiguë, plus épais seront les écrans de fumée. Chez Strauss-Kahn, donc, rien qui incrimine le système qui est à la base des famines qui menacent les peuples, rien sur ce que le sénateur démocrate Byron Dorgan a appelé "l’orgie de spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
sur les marchés des « futures »" [cité par Paul Fabra, Les Echos du 11 avril 2008], qui a conduit les "investisseurs" à se ruer sur les valeurs refuges – en les accaparant, en les renchérissant artificiellement – que sont désormais les aliments de base. On a un écran de fumée de la même eau avec l’élévation au rang de conseiller du président américain G.W. Bush de John Bryant et de son ONG Operation Hope qui, forte d’une "expertise" dans la vulgarisation financière à l’intention des pauvres des banlieues de Los Angeles, s’est vu confier une mission éducative nationale [The Economist, 5 avril 2008]. Pour faire quoi ? Pour inviter les ménages américains à être plus prudents, à mieux s’informer en matière de prêts hypothécaires et de gestion des avoirs bancaires. C’est un peu sinistre mais c’est dans l’ordre des choses. Après avoir été incité à s’endetter jusqu’au cou dans un contexte de libéralisation Libéralisation Action qui consiste à ouvrir un marché à la concurrence d’autres acteurs (étrangers ou autres) autrefois interdits d’accès à ce secteur. du crédit aux relents quasi maffieux, dont les autorités ont préparé le terrain, le peuple américain se voit reproché d’être tombé dans le panneau et, pour ne plus répéter l’erreur, pour bien comprendre sa très grande faute, se voit invité à faire pénitence en écoutant les leçons d’un propagandiste qui, sans rire, range son programme d’alphabétisation financière parmi les droits humains fondamentaux. Cela fait encore sourire quelqu’un ?