Afrique terre de Safaris


Newsflash n°42

Lundi 21 avril 2008, Erik Rydberg, 1663 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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L’Afrique a beau être le continent oublié de la mondialisation triomphante, elle suscite les convoitises. Le dernier rapport de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
sur la répartition du produit "intérieur" brut mondial (les richesses produites, à parité de pouvoir d’achat) accorde au sous-continent subsaharien 2% du total, disons : deux miettes. Les pays riches, c’est 60% [Financial Times, 12 avril 2008]. Pauvre mais riche en ressources. Talonnée par la Chine, qu’une politique volontariste a hissé au 2e rang des interlocuteurs commerciaux de l’Afrique, juste derrière les États-Unis, et au rang du 1er fournisseur du continent [Economie politique, n°38, avril 2008], l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
met les bouchées doubles pour conclure ses fameux Accords de partenariat économiques et maintenir l’Afrique dans ses rets (libre-échangistes, compatibles OMC OMC Organisation mondiale du Commerce : Institution créée le 1er janvier 1995 pour favoriser le libre-échange et y ériger les règles fondamentales, en se substituant au GATT. Par rapport au GATT, elle élargit les accords de liberté à des domaines non traités à ce niveau jusqu’alors comme l’agriculture, les services, la propriété intellectuelle, les investissements liés au commerce… En outre, elle établit un tribunal, l’organe des règlements des différends, permettant à un pays qui se sent lésé par les pratiques commerciales d’un autre de déposer plainte contre celui-ci, puis de prendre des sanctions de représailles si son cas est reconnu valable. Il y a actuellement 157 membres (en comptant l’Union européenne) et 26 États observateurs susceptibles d’entrer dans l’association dans les prochaines années.
(En anglais : World Trade Organization, WTO)
), tant qu’il est encore temps. Le temps ne marque pas de pause. Depuis octobre 2007, les États-Unis déploient une politique de "partenariat africain" (nom officiel) sous la forme de deux navires de guerre, l’USS Fort McHenry et l’USS Swift, cabotant au large des côtes du Golfe de Guinée [The Economist, 12 avril 2008]. A terre, la troupe répare routes et écoles, et offre des soins médicaux gratuits ; à bord, elle forme des soldats africains, quelque 1.200 jusqu’ici. Ces missionnaires en uniforme sont soutenus par un budget de 127 millions de dollars, auxquels 389 millions devraient s’ajouter en 2009. Leur commandant, John Nowell, ne porte pas la soutane mais il a le verbe direct : "Nous ne serions pas ici si les États-Unis n’y avaient pas des intérêts." Paroles de stratège.