Dans un mois jour pour jour, le 7 octobre, diverses manifestations marqueront la deuxième édition de la journée mondiale pour le travail décent, portée en Belgique par une coalition nationale associant syndicats et ONG. Ce sera l’occasion pour l’internationalisme de la nébuleuse associative d’attirer l’attention de l’opinion sur les tristes conditions de travail qui existent au loin, hors de l’Europe. Et peut-être établir un hit parade des nations les plus antisociales. Une enquête signalée par l’International Herald Tribune [5/9/2009], qui la qualifie d’étude "la plus fouillée en matière de violations du droit social depuis des années", sera alors d’une aide précieuse. L’étude, annonce l’éditorial de l’IHT, "jette une lumière consternante sur un pays où le droit social échoue dans sa fonction de protection des travailleurs, où salaires et pourboires sont régulièrement dérobés et où travailler lorsqu’on est malade, accidenté ou hors des heures de travail est souvent le prix à payer pour avoir un emploi. Ce pays, ce sont les Etats-Unis, dans toutes les strates inférieures de son économie urbaine." Réalisée par le Center for Urban Economic Development, le National Employment Law Project et l’université de Los Angeles, l’enquête porte sur 4.387 travailleurs de Chicago, New York et Los Angeles. Plus de deux tiers d’entre eux ont subi au moins une violation des lois sur les salaires dans la semaine précédant l’enquête. Plus d’un quart d’entre eux reçoivent une paie inférieure au salaire minimum. En général, on les vole de 51 dollars (35,5 euros) par semaine, sur un salaire hebdomadaire moyen de 339 dollars (236 euros). Le terme de "sweatshop" (atelier de labeur), note l’éditorial, "ne décrit que faiblement l’ampleur et la gravité du pourrissement qui mine les lieux de travail à bas salaire." Voilà qui mérite sans doute une campagne spécifique, des pétitions et des "actions urgentes" en direction de la Maison Blanche...