Cela se présente plutôt mal


Newsflash n°152

Lundi 30 mai 2016, Erik Rydberg, 2336 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Dans son tour d’horizon des fondamentaux de l’économie occidentale, titré "Quatre raisons pour craindre que les bons temps touchent à leur fin", John Authers colore les perspectives pour le secteur des pensions d’assez sombres couleurs. Un jeune battant dans la trentaine qui commence à cotiser à un fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
de pension, dit-il, peut s’attendre à travailler sept années de plus pour obtenir la pension attendue. Un exemple parmi d’autres. Et conclut : "Le risque que beaucoup n’arriveront pas, devenus vieux, à avoir de quoi vivre est réel et ce risque ne fait que croître." C’est dans le Financial Times du 30 avril 2016. Dans les mêmes pages, le 16 mai suivant, son collègue John Plender revenait sur la question. C’était titré : "L’incertitude obscurcit l’avenir des fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
de pensions". Il cite le cas de Tata Steel qui, en Grande-Bretagne, affiche 15 milliards de livres d’actifs pour un déficit de 485 milliards, dû à la charge de pensions de l’entreprise sidérurgique. Le problème pour ces fonds de pension privés, ce sont les taux d’intérêts Intérêts Revenus d’une obligation ou d’un crédit. Ils peuvent être fixes ou variables, mais toujours déterminés à l’avance.
(en anglais : interest)
quasi nuls, voire négatifs, venant plomber leur santé spéculative. C’est quasi pire en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, informe le Financial Times du même jour. Si les taux demeurent au plancher, dit un spécialiste, "la probabilité est grande des pensions seront revus à la baisse" en Allemagne, ajoutant : ces taux "empoisonnent lentement" le système. En France, le patron du plus grand fonds de pension public, estime qu’avec de taux pareils, les fonds privés seront bientôt "au bord de l’implosion". Et au Pays-Bas, l’ABP, le plus grand fonds privé (un pensionné sur six dans son portefeuille Portefeuille Ensemble de titres détenus par un investisseur, normalement comme placement.
(en anglais : portfolio).
) donnait comme une "possibilité distincte" que les paiements seront réduits en 2017. Autant savoir. La privatisation des pensions, ça se présente plutôt mal. Dans le même temps, racontait le Financial Times du 10 mai, l’ampleur des masses d’argent payées en dividendes ne laisse pas d’inquiéter. Selon les données mondiales du MSCI World Index, la part des profits destinée à arroser les actionnaires est passé, ces deux dernières années, de 43 à 51%. Cela ne va pas mal pour tout le monde. Ce genre de situation, "inusuelle" précise le FT, "tend à ne survenir que dans les périodes d’atonie économique globale". Il n’y a pas de quoi rire.