La vie comme elle va ...


Newsflash n°67

Vendredi 24 septembre 2010, Erik Rydberg, 2177 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La vie des travailleurs du textile au Bangladesh, informe le Financial Times du 30 juillet 2010, va connaître un léger mieux. Ils sont deux millions et demi et leur labeur n’est pas destiné à vêtir leurs compatriotes, tout cela part garnir les rayons de Marks and Spencer, Wal-mart, H&M et Carrefour. Mais donc, grâce à un mouvement de grève résolu, leur salaire minimum va passer de 17,6 euros à 32,9 euros par mois. Cela permet un petit calcul à l’emporte-pièce. La valeur annuelle des exportations de textile du Bangladesh s’élève à 1,9 milliard d’euros. De ce montant, en extrapolant, les travailleurs obtenaient 528 millions d’euros (au taux salarial de 17,6). Où est passé le reste, les 1.372 millions faisant la différence ? Serait-ce une question indiscrète ?* Dans la même édition, le quotidien annonce en première page que les grands groupes industriels ne se sont jamais mieux portés : revenus en hausse de 438% chez Volkswagen, 244% chez BASF, 173% chez Repsol, 93,5% chez Royal Dutch Shell. Curieuse crise. Dont, dans les mêmes pages, Philips Stevens dresse un bilan plutôt assassin. Que reste-t-il des grandes déclarations (Sarkozy, Merkel & Co.) promettant assainissement, contrôle et régulation du secteur financier ? En un mot, rien. Les centaines de milliards de dollars d’actifs toxiques qui plombaient voici peu les banques "ont été empilées sur les déficits publics" et "les ménages paient la facture des banques au travers d’impôts augmentés, des services publics détériorés et d’un chômage plus élevé". Vouées aux gémonies, les agences de notation Notation Classification des actifs (titres, monnaie, prêts...) ou des émetteurs de ceux-ci en fonction du risque de défaut de paiement des revenus et du remboursement de ces actifs ou de la part de celui qui les émet. Cette classification est attribuée par une société privée, appelée agence de notation. Les trois plus importantes sont Fitch Ratings, [Moody’s et Standard & Poor’s. Elles contrôlent l’essentiel des évaluations de risque. Mais le fait qu’elles soient privées et qu’elles aient d’autres départements assurant d’autres fonctions vis-à-vis de leurs clients qu’elles notent pose un très sérieux problème d’indépendance, d’impartialité et finalement de légitimité. Les notations dépendent des sociétés qui les allouent. En général, elles ressemblent néanmoins fortement de la classification suivante, allant de l’actif ou de l’entreprise la moins risquée vers celui ou celle qui l’est le plus : AAA, AA, A, BBB, BB, B, CCC, CC, C.
(en anglais : credit rating).
sont – les chiens aboient, la caravane passe – à nouveau "les maîtres" du jeu et le Comité de Bâle Comité de Bâle Forum de discussion des gouverneurs de banques centrales fondé en 1974 en vue de définir des normes minimales pour une supervision bancaire commune. Il s’appelait à l’origine comite Cooke du nom de Peter Cooke, directeur de la Banque d’Angleterre et premier président du groupe. Hébergé au siège de la BRI, il établit à travers d’accords dits de Bâle (Bâle I, II et maintenant III) l’obligation pour les banques de couvrir au moins 8% de leurs engagements par des fonds propres.
(En anglais : Basel Committee on Banking Supervision, BCBS)
, chargé de contraindre les banques à plus de prudence, vise pour cela l’horizon 2018… Les dirigeants politiques occidentaux, résume Stevens, restent presque partout "sous l’emprise des marchés financiers mondiaux". C’est la vie comme elle va.

* Voir aussi le communiqué de la Campagne Vêtements propres "Bangladesh - Industrie de l’habillement : Augmentation dérisoire du salaire minimum" du 30 juillet 2010 (http://www.vetementspropres.be/ ).